L’obésité et le surpoids sont en constante augmentation dans le monde. L’obésité concerne aujourd’hui la quasi-totalité de la planète, dont de nombreux pays émergents. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de personnes obèses a triplé au cours des 20 dernières années. 39% des adultes dans le monde sont aujourd’hui en surpoids et 13% sont obèses. Les personnes obèses sont en nombre plus important dans certains pays ou l’alimentation rapide (fast-food et junk-food) a fait son apparition depuis plusieurs années. C’est le cas aux Etats-Unis ou le taux d’obésité frôle les 40% dans certains états. Au Royaume-Uni, champion du taux d’obésité en Europe juste devant l’Allemagne, c’est 6 adultes sur 10 qui sont en surpoids ou obèse et selon certaines prédictions, ce serait 90% des personnes qui seraient obèses ou en surpoids d’ici 2050. En France dans la queue du classement européen, 17% des adultes, 16% des garçons et 18% des filles sont obèses.
L’obésité est un état d’augmentation pathologique de la quantité de tissu adipeux qui augmente le risque de nombreuses maladies telles que les maladies cardiovasculaires, certains types de cancer et le diabète de type 2. 44% des cas de diabète de type 2 et 23% des cas de maladies cardiaques sont imputables au surpoids et à l’obésité. Pour les cancers entre 7% et 41% des cas sont imputables au surpoids et l’obésité selon les localisations. L’obésité et le surpoids entraînent le décès d’au moins 2,8 millions de personnes chaque année. Ainsi, le surpoids et l’obésité sont reconnus comme la cinquième cause de mortalité par l’OMS.
Les causes de l’obésité sont multiples
Il existe un certain nombre de causes conduisant au développement de l’obésité, notamment des facteurs génétiques, épigénétiques et surtout environnementaux. Parmi les facteurs environnementaux, plusieurs facteurs ont été identifiés :
Le mode vie : travail de bureau, loisirs sédentaires, le manque d’exercice physique, manque d’activités en plein air, exposition aux pollutions et perturbateurs endocrinien.
L’alimentation : excès de calories, excès de graisse, excès de sucre (sodas, biscuits, pâtisseries, sucres cachés), fast-food et Junk-food, manque de fibres, de polyphénols, d’aliments anti-inflammatoires et anti-oxydant, additifs source d’inflammation et de perméabilité intestinale
L’horloge biologique : irrégularité dans la prise des repas, manque de sommeil,
L’état des intestins, du microbiote et l’état d’inflammation de votre organisme.
Le tissus adipeux, un tissus endocrinien et immunitaire ?
Pendant de nombreuses années, le tissu adipeux n’était considéré que comme un réservoir d’énergie. Actuellement, il est considéré comme un tissu hautement spécialisé qui joue un rôle endocrinien important par la synthèse et la sécrétion de nombreuses molécules bioactives – les adipokines qui agissent dans le tissu adipeux et affectent les organes et tissus distants.
De plus, Il a été découvert que les adipocytes ne constituent qu’un tiers des cellules qui composent les tissus adipeux. Dans les deux tiers restants, on trouve des cellules du système immunitaire qui jouent un rôle important dans la progression de l’obésité et les complications associées. On y trouve aussi des cellules souches qui se différencient surtout en mastocytes, des cellules immunitaires impliquées notamment dans les allergies et l’inflammation. Les mastocytes des tissus environnants (tels la peau et les intestins) sont issus des cellules souches de la graisse plutôt que des cellules de moelle osseuse.
Plusieurs types d’obésité
En 1947, un diabétologue français Jean Vague a découvert la relation entre le sexe et les types d’obésité, et a défini deux types d’obésité en fonction de la localisation du tissu adipeux : androïde (obésité abdominale plus fréquente chez les hommes) et gynoïde (obésité au niveau des fesses et hanches plus fréquente chez les femmes).
L’obésité androïde, caractérisée par l’accumulation de graisse sous-cutanée dans la région abdominale et de graisse viscérale est associé à un risque trois fois plus élevé de maladies cardiovasculaires que l’obésité gynoïde. L’obésité androïde favorise aussi le développement de la résistance à l’insuline et du diabète de type 2 et s’accompagne souvent d’hypertension et de dyslipidémie. La dyslipidémie est un déséquilibre des lipides sanguins avec des niveaux élevés de triglycérides et du soit-disant mauvais cholestérol, le LDL et de faibles niveaux du soi-disant bon cholestérol, le HDL. L’obésité abdominale contribue donc au syndrome métabolique mais également à l’inflammation systémique associée à la synthèse et à la sécrétion de cytokines pro-inflammatoires1.
Une étude a montré que c’est la composition du tissu adipeux plus que sa taille qui est prédictive du risque de complications liées à l’obésité. Des souris obèses présentant un tissu adipeux riche en cholestérol oxydé et infiltré par des cellules pro-inflammatoires (notamment des macrophages) ont une espérance de vie réduite d’un tiers. Au contraire, des souris obèses dont le tissu adipeux est peu oxydé et préservé des cellules pro-inflammatoires ont une espérance de vie équivalente à celle d’animaux non obèses. Chez l’Homme, de façon similaire, une des anomalies majeures du tissu adipeux associée à l’obésité est l’inflammation. Cette inflammation est associée aux complications de l’obésité et à la résistance à l’insuline. Les molécules associées à l’inflammation sont les adipokines (leptine, résistine, lipocaline 2) ainsi que des cytokines, telles que le TNF-α et l’IL-6.
Le TNF-α est une cytokine pro-inflammatoire produite par les macrophages, les monocytes, le tissu adipeux et les muscles squelettiques. Il affecte la régulation du métabolisme glucidique et lipidique et participe à l’induction de la résistance à l’insuline. Une étude montre que l’augmentation de la production de TNF-α dans les adipocytes humains est positivement corrélée avec l’obésité, les niveaux d’insuline et la résistance à l’insuline.
Vos poignées d’amour sont-elles composées de graisses brunes, beiges ou blanches ?
Les chercheurs ont identifiés depuis plusieurs années qu’il existe plusieurs types de graisses ou adipocytes.
Les adipocytes bruns sont très présents chez les nourrissons, puis leur quantité décroit avec le temps au profit des adipocytes blancs. On les trouve en quantité très limitée chez les adultes et c’est bien dommage, car les graisses fluides, dites brunes, sont indispensables pour la protection contre la chaleur et le froid, l’énergie, les réserves, la fonction hormonale, le transport des cellules souches adultes capables de réparer tous nos tissus.
Les adipocytes blancs, très majoritaires chez les adultes, stockent le gras sous forme de triglycérides et les mettent à disposition de l’organisme en cas de besoin énergétique. Ces graisses épaisses sont des graisses de mauvaise qualité dues à une mauvaise alimentation et une mauvaise hygiène de vie que l’on trouve essentiellement chez les animaux d’élevage et les humains.
Enfin, les adipocytes beiges, présents au sein de dépôts adipeux d’apparence blanche présentent des caractéristiques intermédiaires entre les blancs et les bruns.
Les chercheurs voudraient réussir à augmenter la quantité d’adipocytes bruns ou beige chez les sujets obèses, pour favoriser l’élimination du gras plutôt que son stockage car la production d’énergie par ce tissu représente jusqu’à 15% de la dépense énergétique au repos chez les hommes..
Dites-moi quelles graisses contient votre tissus adipeux et je vous dirais comment est votre immunité
Et oui c’est le tissus adipeux qui régule la réponse immunitaire. En effet les adipocytes libèrent des vésicules remplies de lipides qui constituent la source principale de lipides pour les macrophages et la réponse inflammatoire.
Des graisses plutôt Oméga-6 ou oméga-3 ?
L’analyse de la teneur en acides gras adipocytaire de sujets obèses par rapport à des sujets minces n’a montré aucune variation significative du niveau de l’acide linoléique (oméga-6) mais a montré une diminution nette de l’acide γ-linolénique (autre oméga-6 aux propriétés moins inflammatoires) et une augmentation considérable de l’acide arachidonique pro-inflammatoire et de l’acide adrénique, deux autres oméga-6. Ces résultats indiquent que dans les adipocytes de sujets obèses, une dérégulation de la voie métabolique oméga-6 conduisant à l’acide arachidonique et à l’acide adrénique se produit, induisant un milieu inflammatoire et une production accrue de médiateurs de l’inflammation. Le statut inflammatoire des adipocytes était indépendant du degré d’obésité mais était associé à une diminution du rapport ω3 / ω6.
La composition relative des acides gras ω3 et ω6 du tissu adipeux viscéral, qui reflète l’apport alimentaire, pourrait jouer un rôle pivot en raison de la capacité de ces molécules à exercer des activités anti ou pro-inflammatoires, respectivement. Ces observations suggèrent que des changements qualitatifs, autres que quantitatifs, des acides gras du tissus adipeux viscéral peuvent influencer les fonctions des cellules immunitaires2.
Il est généralement admis que les cellules immunitaires résiduelles du tissu adipeux viscéral jouent un rôle majeur dans l’état inflammatoire associé à l’obésité. Ainsi, le tissu adipeux viscéral pourrait représenter le lieu initial où les informations alimentaires liées aux acides gras poly-insaturés sont transférées au système immunitaire afin de réguler l’homéostasie immunitaire générale.
Les comorbidités du surpoids, comme l’hypertension, les maladies cardiovasculaires ou le diabète ont aussi été liées à un manque d’oméga-3 par plusieurs études4.
Comment déstocker les graisses ?
Le métabolisme du tissu adipeux est affecté par les facteurs hormonaux (principalement l’insuline et les catécholamines), les messagers pro et anti-inflammatoires, l’état nutritionnel (apport alimentaire et jeun), les facteurs de stress et l’activité physique.
Dans les conditions d’excès alimentaire, la plupart des graisses des aliments ingérés (plus de 95%) s’accumulent dans le tissu adipeux et sont stockées sous forme de triglycérides. Ce stockage des graisses est en grande partie dicté par l’insuline. Le tissu adipeux stocke l’excès de graisse en augmentation la taille des cellules (hypertrophie) et / ou en augmentant le nombre de cellules (hyperplasie). Cependant, les adipocytes hypertrophiques ont une capacité réduite à accumuler des lipides. Une fois ces capacités de stockage des adipocytes dépassées, les graisses s’accumulent, entre autres, dans les cellules musculaires et hépatiques, provoquant leur résistance à l’insuline ou sont dégradées par les macrophages qui sont recrutés dans le tissus adipeux ce qui génère de l’inflammation.
Dans les conditions de besoins énergétiques accrus, par exemple, pendant l’activité physique, le climat froid, et dans des situations stressantes telles que les périodes de jeun, les graisses stockées sont libérées pendant le processus de lipolyse. La lipolyse (littéralement lyse des lipides) est l’un des principaux processus métaboliques survenant dans le tissu adipeux. Ses principaux stimulants sont les catécholamines (adrénaline et noradrénaline), l’hormone de croissance, le glucagon et la TSH, qui est l’hormone sécrétée par l’hypophyse pour faire fonctionner votre thyroïde.
Sachant cela comment faire pour déstocker et favoriser un surpoids sain ?
L’activité physique régulière et une perte de poids sont recommandés chez tous les patients obèses.
- Un minimum de 150 minutes d’activité modérée par semaine (ou 75 min d’activité intense).
- La perte de poids conseillée est de 5% du poids de départ par an car quand la perte de poids est progressive, la diminution de la masse grasse est alors plus importante et plus durable.
Mais cela n’est pas suffisant. Il faut aussi agir sur votre terrain inflammatoire et immunitaire. Pour cela consommez :
- De bonnes graisses anti-inflammatoires qui vont ensuite être consommées par les macrophages du tissus adipeux qui vont déterminer l’état inflammatoire du tissus adipeux lui-même mais aussi de l’organisme tout entier, facteur déterminant dans les comorbidités (diabète, hypertension et maladies cardiovasculaires) ;
- des fibres ou de l’amidon résistant qui vont être digérés par la flore intestinale en acides gras à chaines courtes (butyrate, acétate, propionate) aux propriétés immunomodulatrices et anti-inflammatoires
- des fruits, légumes et épices riches en polyphénols aux propriétés anti-inflammatoires et anti-oxydantes.
Rester psychologiquement et physiquement actif ou abaisser la température des logements en hiver est aussi un bon moyen de brûler des graisses.
En effet, on sait depuis 2009 que la production du tissus adipeux brun est essentiellement induite par le froid chez des adultes humains5. Depuis de nombreuses études ont confirmé que le tissu adipeux brun activé contribue à la thermogénèse et au métabolisme oxydatif. L’exposition chronique au froid (2 h par jour pendant six semaines) a entraîné non seulement une activité accrue du tissus adipeux brun associée à une thermogénèse augmentée, mais également une perte importante de masse grasse corporelle6. Il a aussi été démontré que l’activation du tissus adipeux brun améliore l’élimination du glucose dans l’ensemble du corps et augmente la sensibilité à l’insuline7.
Les façons de s’exposer au froid sont nombreuses. Vous connaissez peut-être la méthode de Wim Hof, ce néerlandais aussi appelé « Ice Man » qui propose des stages d’exposition au froid dont il vente les nombreux effets bénéfiques sur la santé. Sa méthode est principalement composée de respirations et de douches froides ou de bains dans l’eau froide. Par contre si votre constitution naturopathique est celle du neuro-arthritique et que vous voulez perdre votre gras viscéral, les douches froides ne vous conviennent peut-être pas. Dans ce cas, préferez les bains dérivatifs.
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Maladie de Parkinson : Et si tout commençait dans l’intestin ?
Introduction
Lorsque l’on évoque la maladie de Parkinson, les premières images qui viennent à l’esprit sont souvent celles de tremblements, d’une démarche ralentie ou d’une rigidité musculaire. Sur le plan médical classique, la cause est bien connue : la perte progressive des neurones qui fabriquent la dopamine, ce précieux neurotransmetteur de la motricité.
Pourtant, un changement de paradigme majeur est en train de secouer les neurosciences. Les recherches scientifiques les plus récentes nous révèlent que Parkinson n’est pas uniquement une maladie cérébrale ou une fatalité liée au vieillissement des neurones. Brain-first vs. body-first Parkinson’s disease: An update on recent evidence
Il s’agit, en réalité, d’une pathologie profondément connectée à notre système immunitaire et à notre écosystème intestinal. Parkinson’s Disease: A Multisystem Disorder
Des altérations immunitaires et inflammatoires peuvent en effet être mesurées dans l’organisme des dizaines d’années avant l’apparition des premiers troubles moteurs. Pour ralentir ou prévenir la progression de la maladie, il ne suffit plus de chercher à remplacer la dopamine manquante : il faut impérativement comprendre l’axe neuro-immunitaire et apprendre à calmer le feu de l’inflammation.
- La Microglie : quand les sentinelles du cerveau basculent dans l’inflammation chronique
Pour comprendre l’origine de cette neuro-inflammation, il faut plonger au cœur de notre cerveau et faire la connaissance de ses gardiennes : les cellules microgliales, ou microglie. Ces cellules représentent le système immunitaire inné propre au système nerveux central. En temps normal, elles sont de formidables sentinelles, chargées de nettoyer les débris cellulaires, de protéger les neurones contre les agressions et de maintenir un environnement sain.
Dans la maladie de Parkinson, un perturbateur vient casser ce fragile équilibre : une protéine appelée alpha-synucléine. Pour des raisons encore mal connues, cette protéine se replie de manière anormale et s’agglomère, formant des agrégats toxiques pour les neurones.
Face à ces agrégats, la microglie donne l’alerte et passe en mode « attaque ». Elle tente désespérément de nettoyer ces protéines anormales. Cependant, lorsque cette agression persiste et que les capacités de nettoyage du cerveau sont débordées, la microglie reste activée en permanence. Les sentinelles protectrices se transforment alors en sources de danger : elles se mettent à sécréter en continu des cytokines pro-inflammatoires (comme le TNF-alpha ou l’IL-1 bêta) et des radicaux libres.
C’est ce phénomène de neuro-inflammation chronique de bas grade (étroitement lié à l’inflammaging, le vieillissement inflammatoire) qui finit par asphyxier et détruire les neurones dopaminergiques de la substance noire. Rompre ce cercle vicieux en modulant la réponse de la microglie est aujourd’hui l’un des piliers incontournables de la recherche et de l’accompagnement intégratif. Neuroinflammation in Alzheimer’s and Parkinson’s diseases: pathogenic mechanisms and therapeutic strategies
- L’axe Intestin-Cerveau : la maladie de Parkinson prend-elle racine dans l’intestin ?
Et si le véritable point de départ de la maladie de Parkinson ne se situait pas du tout dans la tête, mais bien dans le ventre ? Cette hypothèse, formulée il y a plusieurs années par le neuroanatomiste Heiko Braak, est aujourd’hui confirmée par les découvertes scientifiques les plus récentes. Chez une grande majorité de patients, des troubles digestifs sévères – comme une constipation opiniâtre – précèdent de dix à quinze ans les tout premiers tremblements. Staging of brain pathology related to sporadic Parkinson’s disease
Pour comprendre ce lien, il faut s’intéresser à la rupture d’homéostasie de notre écosystème intestinal. Sous l’effet du stress chronique, d’une alimentation inadaptée ou d’expositions environnementales, le microbiote se modifie profondément (dysbiose). Cette altération fragilise la muqueuse intestinale jusqu’à provoquer un phénomène d’intestin poreux (ou leaky gut).
Lorsque la barrière intestinale perd son étanchéité, elle laisse passer des fragments bactériens pro-inflammatoires, comme les lipopolysaccharides (LPS), ainsi que des toxines dans la circulation générale. Le système immunitaire périphérique se retrouve alors en état d’alerte permanente, déclenchant une inflammation systémique de bas grade. C’est précisément dans cet environnement intestinal perturbé que l’alpha-synucléine commence à se replier anormalement au niveau du système nerveux entérique (le « cerveau d’en bas »). Telle une onde de choc, cette protéine toxique va ensuite migrer pour remonter pas à pas jusqu’au cerveau, où elle finira par activer la microglie.
De plus, cette inflammation sanguine chronique finit par fragiliser la barrière hémato-encéphalique — le filtre protecteur de notre cerveau — permettant aux signaux inflammatoires du corps de venir alimenter directement le feu de la neuro-inflammation. Adopter une alimentation anti-inflamamtoire, restaurer l’intégrité de la barrière intestinale et chouchouter son microbiote ne sont donc pas des options secondaires : ce sont les premières lignes de défense pour protéger vos neurones.
Le réflexe immunonutrition : Adopter une alimentation ciblée est le premier levier pour refermer les jonctions serrées de l’intestin et éteindre l’inflammation. Pour découvrir les clés concrètes de cette démarche, vous pouvez consulter notre guide numérique dédié : Prenez votre santé en main en adoptant une alimentation anti-inflammatoire.
L’impact caché des toxines microbiennes et environnementales : le cas du LPS et de la BMAA
Au-delà des facteurs génétiques et du mode de vie, la recherche s’oriente aujourd’hui vers le rôle pivot des toxines environnementales et microbiennes dans le déclenchement des pathologies neurodégénératives. Parmi elles, le lipopolysaccharide (LPS), une endotoxine issue de la membrane des bactéries à Gram négatif de notre propre intestin, est largement pointé du doigt. En cas d’intestin poreux, le LPS s’infiltre dans l’organisme et favorise directement le dysfonctionnement mitochondrial ainsi que la neuro-inflammation, deux processus clés de la maladie de Parkinson.
Un autre exemple particulièrement alarmant est la BMAA (β-méthylamino-L-alanine), une neurotoxine produite par certaines cyanobactéries et micro-organismes omniprésents dans l’eau. Microbial BMAA and the Pathway for Parkinson’s Disease Neurodegeneration
Le scénario destructeur de la BMAA : de l’iléon à la substance noire
Les données expérimentales les plus récentes mettent en lumière un mécanisme d’action à double détente, confirmant le point de départ intestinal de la pathologie :
- Le sabotage de l’immunité intestinale : Chez des modèles animaux, l’exposition à la BMAA entraîne la perte d’une bactérie protectrice cruciale logée dans la muqueuse de l’iléon (la fin de l’intestin grêle). Cette bactérie est normalement la garante de la réponse immunitaire homéostatique (l’équilibre immunitaire). Sa disparition provoque une altération immédiate de la barrière intestinale (leaky gut) et déclenche une inflammation systémique de bas grade. Ce feu inflammatoire voyage par le sang et vient fragiliser la barrière hémato-encéphalique (BHE) précisément au niveau de la substance noire, la zone cérébrale de la dopamine.
- Une propagation le long du nerf vague
Ce processus toxique suit une chronologie bien précise. L’exposition chronique de l’intestin à la BMAA induit d’abord un état pro-inflammatoire et un dysfonctionnement mitochondrial entérique. Chez les sujets vulnérables, cela déclenche une première vague de neurodégénérescence au niveau du système nerveux entérique (SNE), le système nerveux de l’intestin.
Fait fascinant et redoutable, la BMAA déclenche alors une agrégation de l’alpha-synucléine qui remonte depuis l’intestin jusqu’à la substance noire du cerveau, en empruntant comme autoroute le noyau moteur dorsal du nerf vague. De plus, cette toxine est capable de sauter de neurone en neurone, montrant une affinité particulière pour les motoneurones.
- Le chaos cellulaire et l’activation microgliale : En parallèle, la BMAA pénètre les cellules où elle induit un dysfonctionnement et une fragmentation des mitochondries (les centrales énergétiques de nos cellules). Ce stress mitochondrial majeur déclenche l’activation de l’immunité innée directement au sein des neurones, ce qui embrase la microglie et mène à la neurodégénérescence.
Un enjeu de santé publique invisible
Ces découvertes scientifiques renforcent l’urgence d’une prise de conscience environnementale. Bien que la BMAA soit omniprésente dans l’eau, elle ne figure absolument pas dans les protocoles de routine d’évaluation de la qualité de l’eau potable municipale. Pourtant, cette neurotoxine s’accumule le long de la chaîne alimentaire, notamment dans les poissons, les crustacés et les mollusques que nous consommons. Face à ces preuves croissantes, la détection de la BMAA dans les eaux douces et marines devient un enjeu crucial pour protéger notre santé intestinale et, par extension, notre cerveau. Parkinson’s Disease: A Multisystem Disorder

- Cibler l’inflammation intestinale et neurologique comme stratégie thérapeutique
La science est désormais formelle : pour stopper la progression de la maladie de Parkinson, il faut éteindre l’incendie neuro-inflammatoire. Les essais cliniques majeurs sur de nouvelles molécules thérapeutiques (comme le bezisterim, un analogue synthétique de l’androstenetriol) démontrent qu’en ciblant spécifiquement la baisse de l’inflammation cérébrale et systémique, on obtient une amélioration significative des symptômes moteurs et non moteurs. L’avenir de la neurologie passe indiscutablement par l’immunomodulation.
Selon les piliers de la méthode ISIS (Solutions en immunomodulation intégrative et systémique), nous disposons de leviers d’action puissants et naturels pour restaurer ce terrain neuro-immunitaire :
- L’alimentation immunonutritionnelle et anti-inflammatoire : Elle vise à réduire de façon personnalisée l’apport d’aliments inflammatoires : lectines, composés glyqués et sucres raffinés, tout en saturant l’organisme de polyphénols hautement protecteurs et d’acides gras essentiels (oméga-3 EPA/DHA). Ces nutriments ciblés aident à stabiliser la membrane des neurones et à calmer l’hyperactivation de la microglie.
- La réparation de la barrière intestinale : L’utilisation de prébiotiques spécifiques, de molécules cicatrisantes (comme la glutamine ou certains extraits de plantes) et d’une alimentation anti-inflammatoire personnalisée permet de refermer les mailles du leaky gut. En stoppant le passage des endotoxines bactériennes dans le sang, on coupe la source principale de l’inflammation périphérique qui fragilise le cerveau.
- La stimulation du système polyvagal (le nerf vague) : Les recherches récentes confirment que le stress chronique et les traumatismes majeurs accélèrent le vieillissement immunitaire (inflammaging) et altèrent la plasticité cérébrale. Le nerf vague est la principale autoroute anti-inflammatoire de notre corps. En activant la voie réflexe cholinergique par des techniques de respiration, de stimulation et de biofeedback, on envoie un signal direct au système immunitaire et à la microglie pour qu’ils cessent la production de cytokines destructrices.
Le réflexe Nerf Vague : Réguler votre système nerveux autonome est une clé indispensable pour freiner les processus dégénératifs liés à l’inflammation. Pour apprendre à stimuler efficacement cette voie protectrice au quotidien, découvrez notre e-book : Prenez soin de vous en réveillant votre nerf vague.
Conclusion
La maladie de Parkinson ne doit plus être perçue comme une simple fatalité neurologique isolée du reste du corps. Elle est le reflet d’un déséquilibre systémique où l’intestin, le système immunitaire et le cerveau dialoguent de manière inadaptée. Les découvertes scientifiques de 2026 nous ouvrent une formidable lueur d’espoir : en agissant de manière précoce et globale sur l’inflammation de bas grade, nous avons le pouvoir de protéger notre capital neuronal.
Chaque terrain est unique. Si vous souhaitez mettre en place une stratégie individualisée, pour soutenir votre santé neuro-immunitaire, vous pouvez prendre RDV pour un Suivi personnalisé.
Note médicale
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et général et ne remplacent en aucun cas un avis médical, un diagnostic ou un traitement professionnel. La maladie de Parkinson nécessite une prise en charge neurologique stricte. N’interrompez jamais vos traitements médicaux sans l’accord de votre médecin traitant.
Si vous voulez en savoir plus sur les méthodes naturelles pour renforcer votre immunité et votre terrain immunitaire, je vous invite à lire
Sources
A propos de l’auteur
Karine Bernard, phD
Naturopathe, formatrice, conférencière et docteur en sciences (spécialité immunologie), je suis la fondatrice de la méthode ISIS “Solutions en immunomodulation intégrative et systémique”. Je suis également à l’origine du site immunonaturo.com, un blog dédié à la santé et au bien-être qui fait la part belle à votre système immunitaire.
