Ne mangez pas n’importe quelle glace cet été !

surpoids et obésité

Avec l’arrivée des beaux jours et de l’été, vient l’envie de se rafraîchir et de déguster une glace. Mais saviez-vous que les glaces contiennent de nombreux additifs qui favorisent l’allergie, les maladies auto-immunes et l’inflammation. Alors pour vous aider à y voir un peu plus clair, j’ai déchiffré pour vous les additifs à absolument éviter cet été pour vous faire plaisir tout en restant en bonne santé.

Si vous faites une glace maison, vous aurez besoin de lait, d’œufs, de crème et de sucre et éventuellement de fruits frais. Pour une glace à la vanille, vous utiliserez une vraie gousse de vanille, pour une glace à la cannelle, un bâton de cannelle de Ceylan, pour une glace à la menthe, de la menthe, pour une glace à la fraise, des fraises fraîches ou surgelés, etc., que des produits naturels.

Si par contre, vous achetez une glace en supermarché ou même chez votre glacier favori, il y a de grandes chances pour que la liste des ingrédients ne soit pas aussi simple. De nombreux additifs sont ajoutés aux glaces industrielles ou même dites « artisanales » et certains de ces additifs sont liés à une augmentation de l’inflammation, des allergies ou des maladies auto-immunes. Dans ma pratique courante je rencontre beaucoup de personnes présentant des maladies auto-immunes qui ont un penchant exagéré pour les glaces. Alors est-ce une coïncidence ou y a-t-il une vraie relation ? Dans le doute mieux vaut continuer à se faire plaisir tout en se faisant du bien ? Alors de quels additifs devez-vous vous méfier pour rester en bonne santé ?

Les émulsifiants

Les émulsifiants sont un groupe de substances qui se concentrent à l’interface entre l’huile et l’eau et qui permettent de les mélanger et ainsi de rendre l’émulsion plus stable. Dans de nombreuses industries, les émulsifiants sont appelés agents tensioactifs.

Les émulsifiants les plus importants utilisés dans l’industrie alimentaire sont les mono et diglycérides d’acides gras, les esters de saccharose d’acides gras, les esters polyglycéroliques d’acides gras, les lactilates de sodium et les esters de sorbitan et d’acides gras. Mais de nombreux autres groupes tels que les lécithines, les glycolipides, les saponines, les alcools gras et les tensioactifs microbiens sont utilisés dans l’industrie alimentaire. Le marché des émulsifiants alimentaires est considéré comme le segment du marché des additifs alimentaires qui connaît la plus forte croissance en raison de la tendance croissante à réduire la teneur en matières grasses des produits alimentaires. Ils sont ajoutés à la plupart des aliments transformés pour améliorer la texture des aliments et en prolonger la durée de conservation1.

Ils sont largement utilisés dans la boulangerie, la confiserie, les produits laitiers. On les retrouve dans les crèmes glacées, le chocolat, les biscuits, les pâtes à tartiner, les céréales du petit déjeuner, les sauces salades, les graisses et huiles, le beurre et la margarine, les desserts lactés, la viande, le café et les boissons.

Dans la plupart des glaces vous trouverez des mono et diglycérides d’acides gras (E471), de la lécithine (E322), des esters polyglycériques d’acides gras d’huile de ricin (E476), des esters du propylène-glycol d’acide gras (E477)des ester diacétyl-lactique de mono- et diglycérides d’acides gras (E472b) et des ester citrique des mono et diglycérides d’acides gras alimentaires (E472c).

Il semble que les émulsifiants agissent comme des détergents. Ils perturbent votre muqueuse intestinale, augmentent la perméabilité intestinale et sont associés aux maladies auto-immunes2.

Les carraghénanes (E407)

Le carraghénane est le nom faisant référence à une famille de polysaccharides sulfatés extraits d’algues et couramment utilisés comme additifs alimentaires épaississants et émulsifiants pour améliorer la texture des produits alimentaires commerciaux. Breveté aux États-Unis dans les années 1930, le carraghénane a obtenu le statut d’additif alimentaire et il est considéré comme sûr. Le carraghénane (E407) agit pour épaissir, stabiliser et émulsionner une grande variété d’aliments généralement consommés dans le régime alimentaire occidental, y compris les produits laitiers tels que la crème glacée, le chocolat au lait, le fromage cottage et le yogourt, les viandes transformées, les substituts du lait tels le lait de soja ou le lait d’amande, la mayonnaise, les préparations pour les nourrissons et les produits à base de soja. D’abord breveté aux États-Unis dans les années 1930, l’utilisation du carraghénane comme additif alimentaire dans le régime alimentaire occidental a considérablement augmenté au cours des 50 dernières années. Les études sur l’homme ne sont pas faites car elles sont considérées comme non éthiques mais il existe un certain nombre d’études chez l’animal qui montrent que le carraghénane favorise l’inflammation et les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin 3.

Il a été démontré que lorsque des cobayes sont alimentés en carraghénane, des ulcérations se développent chez 100% des animaux dans leur gros intestin à la fin d’une période de 30 jours. Les lésions induites par la carraghénane dans le gros intestin des cobayes ressemblent aux caractéristiques de la colite ulcérative humaine. Le carraghénane a également produit des lésions ulcéreuses chez le lapin, la souris et le rat associées à une perte de poids, à l’anémie, à la diarrhée, à la présence de sang et de mucus dans les selles. De plus, des caractéristiques macroscopiques rappelant la colite ulcéreuse humaine, telles que des ulcérations principalement limitées à la muqueuse ainsi que des pseudopolypes et des formations polypoïdes, ont été observées, ainsi que des caractéristiques couramment observées dans la maladie de Crohn, telles que des rétrécissements dans l’intestin grêle entraînant une obstruction. Les changements histologiques associés à l’exposition au carraghénane dans les modèles animaux comprennent les changements inflammatoires aigus, subaigus et chroniques de la muqueuse ; la présence d’abcès ; la dilatation ou distorsion des glandes muqueuses ; l’ulcération des muqueuses à divers stades de progression et de guérison ; et des changements hyperplasiques de l’épithélium glandulaire.

De nombreux articles montrent une association entre l’exposition au carraghénane et la survenue d’ulcérations coliques et de néoplasmes gastro-intestinaux dans des modèles animaux. Bien que le Centre international de recherche sur le cancer en 1982 ait identifié des preuves suffisantes de la cancérogénicité du carraghénane chez les animaux pour le considérer comme posant un risque cancérigène pour l’homme, le carraghénane est encore largement utilisé comme épaississant, stabilisant et texturant dans une variété de produits transformés répandus dans le régime occidental4.

La carboxyméthylcellulose (E466)

La carboxyméthylcellulose (CMC) est largement utilisée dans toute l’industrie alimentaire dans les produits généralement consommés par les enfants, notamment les bonbons, le chewing-gum, les «grignotines», le ketchup et divers produits de boulangerie, et parfois dans les glaces. Actuellement, il n’y a pas de restrictions quantitatives sur son utilisation et son ajout aux aliments ne nécessite pas de déclaration. La carboxyméthylcellulose est un dérivé de la cellulose, ce qui la rend abordable et abondante ; elle est un additif considéré comme sûr. Elle possède des qualités épaississantes et émulsifiantes, et elle se retrouve largement dans l’industrie alimentaire commerciale avec une augmentation annuelle progressive de son utilisation comme additif alimentaire. Les études chez l’homme n’existent pas mais les études chez les animaux montrent que la CMC pourrait induire une inflammation intestinale et des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin3.

Dans une de ces études, la CMC a considérablement modifié la composition du microbiote dans les bactéries fécales et intestinales, et les auteurs ont conclu que l’exposition chronique à la CMC entraînait une érosion de la fonction protectrice du mucus, une adhérence bactérienne accrue et un microbiote plus pro-inflammatoire. Une autre étude suggère que le microbiote pourrait être une cible directe de la CMC pour conduire à une inflammation intestinale chronique. Une inflammation de bas grade, l’obésité et le syndrome métabolique ont également été induits chez des souris ayant reçu des concentrations relativement faibles de CMC.

Le dioxyde de titane (E171)

Le dioxyde de titane est un additif alimentaire, un colorant blanc opacifiant autorisé sous l’appellation E171. Le E171 est composé d’un mélange de nanoparticules (10 à 40% selon les lots du commerce) et de microparticules. Les particules de dioxyde de titane (TiO2) inférieures à la taille d’un micron sont utilisées depuis plus de cinquante ans dans l’industrie alimentaire comme pigment pour améliorer la couleur blanche et l’opacité des aliments tels que les crèmes glacés, le lait en poudre, les sauces, les pâtes à tartiner, les pâtisseries, bonbons et glaces comestibles. De plus, le dioxyde de titane confère de la brillance au dentifrice et est ajouté pour rehausser la saveur des aliments non blancs (poisson, fruits, viande, légumes, céréales pour petit-déjeuner, soja fermenté, soupes et moutarde) et pour éclaircir les boissons (bière, cidre et vin). Le E171 se retrouve aussi dans de nombreux médicaments et certains compléments alimentaires. Actuellement, le volume annuel de particules de dioxyde de titane atteint quatre millions de tonnes, ce qui en fait le pigment le plus utilisé au monde5. L’exposition au dioxyde de titane est chronique car répétée au quotidien au fur et à mesure des repas, de la consommation de confiseries ou médicaments et compléments alimentaires et majorée par l’utilisation du dentifrice.

L’effet du dioxyde de titane sur la santé est de plus en plus documenté par différentes études scientifiques. Les particules de dioxyde de titane peuvent pénétrer à travers la muqueuse intestinale. L’accumulation locale de telles particules apparaît sous forme de pigments dans le tissu lymphoïde de la muqueuse intestinale6 et notamment dans les plaques de Peyer, où elles persistent sans être sensiblement dégradées ni dissoutes7. Les plaques de Peyer humaines de l’iléon terminal contiennent des dépôts de pigments granuleux noirs, composés de dioxyde de titane et d’aluminosilicate, additifs alimentaires généralement présents dans l’alimentation occidentale et les produits pharmaceutiques. Chez les enfants la quantité de pigment, présente uniquement dans les plaques de Peyer de l’iléon terminal, se densifie avec l’âge8. Ce qui peut déclencher des réactions inflammatoires susceptibles de favoriser des maladies chroniques telles que les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et éventuellement conduire à l’initiation, à la promotion et / ou à la progression des néoplasmes de la muqueuse de l’appareil digestif9.

Certaines études montrent aussi un effet toxique des nanoparticules de dioxyde de titane pour le système immunitaire. Chez des souris exposées au dioxyde de titane pendant 9 mois consécutifs, le dioxyde de titane s’accumule dans le thymus, entraînant une diminution du poids corporel et une augmentation du poids du thymus. Dans le sang, l’exposition au dioxyde de titane diminue de manière significative la concentration de globules blancs, de globules rouges, de réticulocytes, d’hémoglobine et des plaquettes10. Pris ensemble, ces résultats suggèrent que les nanoparticules de dioxyde de titane exercent des effets toxiques sur les organes lymphoïdes ainsi que sur l’homéostasie des cellules T et des cellules immunitaires innées chez la souris.

Alors peut-on manger de la glace tout en se faisant du bien ?

Heureusement oui, il existe encore des glaces qui ne contiennent pas d’additifs. Malheureusement cela revient souvent à chercher une aiguille dans une botte de foin surtout en supermarché. Vous pouvez utiliser l’application Yuka qui vous aidera dans cette démarche car elle liste le nombre d’additifs présents et leur dangerosité (même si l’on peut débattre sur la non dangerosité de certains additifs), elle est d’une aide certaine car rapide est utilisable directement sur le lieu d’achat. Ce qui permet aussi de rendre visible la liste des ingrédients souvent illisible même avec des lunettes à fort grossissement.

Vous pouvez aussi utiliser le site https://fr.openfoodfacts.org/categorie/fr:glaces/additifs qui liste l’ensemble des additifs retrouvés dans les glaces et surtout qui vous donne la marque et le type de glace dans lequel vous pouvez les retrouver. Vous pouvez ainsi vérifier que votre glace préférée ne contient pas un de ces additifs potentiellement problématique pour votre santé.

Et si vous voulez manger des glaces sans additifs, il suffit toujours d’utiliser le site internet de l’association Open Food Facts, d’aller dans la catégorie glace puis sélectionner NOVA et cliquer sur les glaces qui appartiennent au groupe NOVA3 (celui des aliments transformés). Il contient 30 glaces qui ne contiennent aucun additif (contre 1506 pour le groupe NOVA4 – celui des aliments ultra transformés dans lequel on retrouve des additifs). Je vous donne directement le lien ici. Vous pouvez aussi utiliser leur application qui peut être utile lors de l’achat et qui vous donne directement le groupe NOVA auquel appartient un aliment. Pour des produits sans additifs, il faut éliminer tous les aliments du groupe NOVA4.

En conclusion, il est tout à fait possible de manger de la glace sans se faire du mal, avec modération bien sûr, car la glace reste un produit riche en sucre et produits laitiers même si elle ne contient pas d’additifs.

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Introduction

Le syndrome ASIA, pour Autoimmune/Inflammatory Syndrome Induced by Adjuvants, désigne un ensemble de manifestations cliniques attribuées à une exposition à certaines substances capables de stimuler le système immunitaire, appelées adjuvants. Wikipédia

L’idée centrale est qu’un adjuvant peut, chez des personnes prédisposées, déclencher ou entretenir une réponse immunitaire anormale, avec des symptômes inflammatoires, auto-immuns ou dysautonomiques. Le concept a été proposé pour regrouper plusieurs tableaux cliniques partiellement similaires, notamment la myofasciite à macrophages, le syndrome de la guerre du Golfe, certaines réactions post-vaccinales et des manifestations liées aux implants en silicone.

Cependant, le syndrome ASIA reste un sujet sensible. D’un côté, plusieurs auteurs considèrent qu’il fournit un cadre utile pour décrire certains syndromes inflammatoires complexes liés à des expositions environnementales ou médicales. De l’autre, ses critères diagnostiques sont jugés insuffisamment validés et son statut nosologique reste discuté. Une revue publiée en 2024 souligne d’ailleurs l’expansion rapide des travaux sur ASIA, sans pour autant lever les incertitudes sur la causalité et l’hétérogénéité des cas rapportés.

Qu’est-ce que le syndrome ASIA ?

Le terme ASIA a été proposé en 2011 par Yehuda Shoenfeld et ses collaborateurs pour décrire un syndrome associant des symptômes communs apparaissant après exposition à un adjuvant immunologique. Pubmed

L’hypothèse repose sur l’idée que certaines substances, bien qu’utiles pour renforcer une réponse immunitaire, peuvent aussi agir comme déclencheurs d’une inflammation persistante chez des sujets vulnérables. Les adjuvants évoqués sont variés : sels d’aluminium, silicone, certains matériaux implantables, mais aussi des composés utilisés dans des dispositifs médicaux.

Dans la littérature, ASIA est généralement présenté comme un syndrome englobant plusieurs entités cliniques : la myofasciite à macrophages, le syndrome de la guerre du Golfe, la siliconose et certaines réactions post-vaccinales. L’objectif n’est pas de dire que ces maladies sont identiques, mais qu’elles pourraient partager des mécanismes immunologiques ou inflammatoires proches. C’est précisément cette proposition qui suscite l’intérêt scientifique, mais aussi une partie des controverses. Pour des vaccins sans aluminium

Quels adjuvants sont en cause ?

Les adjuvants sont des substances destinées à renforcer la réponse immunitaire. En vaccination, ils améliorent l’immunogénicité d’un antigène et permettent souvent une protection plus durable. Dans le cadre du syndrome ASIA, le débat porte sur le fait que certaines de ces substances pourraient, dans des conditions particulières, provoquer une activation immunitaire excessive ou prolongée.

Les substances les plus souvent évoquées sont les sels d’aluminium, certains biomatériaux, les implants en silicone et plus récemment d’autres dispositifs médicaux contenant des matériaux pro-inflammatoires. La revue publiée dans autoimmune Reviex en décembre 2024 cite aussi de nouveaux adjuvants ou matériaux suspectés dans des syndromes de type ASIA, notamment certaines prothèses, implants ou maillages utilisés en chirurgie. Pubmed.

Quels symptômes sont décrits ?

Les manifestations rapportées dans le syndrome ASIA sont très polymorphes. Elles incluent classiquement une fatigue chronique, des douleurs musculaires, des arthralgies, une faiblesse musculaire, des troubles du sommeil, des symptômes neurologiques, une sécheresse buccale, des troubles cognitifs et parfois une fièvre prolongée. Ces symptômes sont assez généraux, ce qui rend le diagnostic délicat et expose au risque de confusion avec d’autres maladies inflammatoires, endocriniennes, psychiatriques ou fonctionnelles.wikipedia

La revue de 2023 insiste également sur des éléments plus récents, comme la dysautonomie et la neuropathie des petites fibres, ainsi que des auto-anticorps atypiques dirigés contre des récepteurs couplés aux protéines G. Ces observations ont conduit les auteurs à proposer que ces anomalies pourraient faire partie du spectre ASIA chez certains patients.cris.maastrichtuniversity

Quels mécanismes sont proposés ?

Sur le plan mécanistique, ASIA repose sur une hypothèse d’activation immunitaire inappropriée. L’adjuvant pourrait activer l’immunité innée, favoriser une production prolongée de cytokines inflammatoires, entretenir le recrutement de macrophages et amplifier la réponse adaptative. Chez les individus prédisposés, cette stimulation pourrait favoriser la perte de tolérance au soi et l’apparition de phénomènes auto-immuns.

Les auteurs évoquent aussi des mécanismes de persistance locale du matériel implanté, d’inflammation chronique de faible intensité et de réponse tissulaire prolongée. Dans le cas des implants mammaires en silicone, des études récentes montrent une activation immunitaire locale mesurable, même lorsque l’implant paraît intact, avec des signatures génétiques évoquant des voies associées à des maladies auto-immunes. Les implants en Silicone induisent une réponse immunitaire et inflammatoire au contact de la prothèse même quand celle-ci ne fuit pas. Science Direct

symptômes et mécanismes ASIA

Que disent les publications récentes ?

La revue publiée en 2023 propose une mise à jour du concept ASIA et suggère que le champ de recherche doit s’élargir à de nouveaux adjuvants, à de nouvelles formes cliniques et à des marqueurs biologiques plus précis. Elle souligne aussi que la dysautonomie, les auto-anticorps non classiques et la neuropathie des petites fibres pourraient enrichir les critères de définition du syndrome.cris.maastrichtuniversity

L’analyse bibliométrique publiée fin 2024 montre que les publications sur ASIA augmentent nettement, avec des collaborations internationales en croissance et un intérêt marqué pour les mécanismes immunologiques impliqués. Cette dynamique scientifique témoigne d’un vrai sujet de recherche, mais elle ne résout pas la question centrale : celle de la validité clinique et nosologique du syndrome en tant qu’entité indépendante.pubmed.ncbi.nlm.nih

Quelle est la place des vaccins ?

C’est probablement l’un des points les plus sensibles. Le concept ASIA a été utilisé dans certains travaux pour discuter de réactions post-vaccinales, notamment après les vaccins contenant des adjuvants. Mais il faut être très prudent : le fait qu’un symptôme apparaisse après une vaccination ne prouve pas automatiquement un lien causal. Les revues récentes insistent davantage sur l’hypothèse d’une susceptibilité individuelle que sur une causalité générale applicable à tous les vaccinés.

Il est également important de distinguer le débat scientifique sur ASIA de l’évaluation globale du rapport bénéfice-risque des vaccins. Les vaccins restent des outils majeurs de santé publique, et le concept ASIA ne remet pas en cause leur utilité générale. Il tente plutôt de décrire un petit sous-groupe de situations cliniques potentiellement liées à une réponse immunitaire excessive chez certains patients.

Le cas des implants en silicone

Les implants en silicone sont très souvent cités dans les discussions sur ASIA. Les données récentes suggèrent qu’ils peuvent induire une activation locale du système immunitaire, avec inflammation chronique et expression de gènes associés à des voies auto-immunes. Une étude de 2025 rapporte, dans les tissus péri-prothétiques, une réponse immunogène et l’expression de marqueurs liés à plusieurs maladies auto-immunes, surtout lorsque l’exposition au silicone est importante ou que l’implant est rompu. Science Direct

Une émission a été réalisé sur le sujet des implants en silicone et des implants en général par la chaine suisse RTS.

Cela ne signifie pas pour autant qu’un implant provoque systématiquement une maladie auto-immune. L’enjeu est d’identifier les patients qui développent une réaction excessive et de comprendre pourquoi certains individus tolèrent parfaitement ces matériaux alors que d’autres développent des symptômes. ANSM

Pourquoi le sujet reste controversé ?

Le principal problème du syndrome ASIA est le manque de critères diagnostiques totalement validés et de biomarqueurs spécifiques. Beaucoup de symptômes décrits sont non spécifiques et peuvent être retrouvés dans de nombreuses maladies. Cela rend la preuve d’un lien causal difficile, surtout quand les études sont de petite taille, rétrospectives ou basées sur des séries de cas.

En pratique, une partie de la communauté médicale considère ASIA comme un concept utile pour stimuler la recherche, tandis qu’une autre reste prudente et préfère parler de réactions inflammatoires ou auto-immunes associées à certains adjuvants sans reconnaître un syndrome unifié. La position la plus rigoureuse consiste donc à admettre qu’il existe un signal clinique et expérimental, mais que ce signal ne suffit pas encore à faire du syndrome ASIA un diagnostic largement consensuel.

Conclusion

La maladie auto-immune/inflammatoire induite par les adjuvants, ou syndrome ASIA, est un concept intéressant qui tente de relier certaines réactions inflammatoires ou auto-immunes à l’exposition à des substances adjuvantes. Les publications de 2023 et 2024 montrent que la recherche progresse, notamment autour des mécanismes immunologiques, des nouveaux matériaux impliqués et de possibles biomarqueurs comme la dysautonomie ou les auto-anticorps atypiques.

Mais il faut rester prudent. Les preuves restent incomplètes, les critères diagnostiques sont discutés, et la plupart des symptômes décrits ne sont pas spécifiques. Aujourd’hui, ASIA doit être considéré comme un cadre de réflexion utile pour la recherche et l’évaluation clinique de certains patients, plutôt que comme une entité diagnostique définitivement établie.

Points clés à retenir

  • ASIA signifie Autoimmune/Inflammatory Syndrome Induced by Adjuvants.
  • Le concept regroupe plusieurs tableaux cliniques supposément déclenchés par des adjuvants comme l’aluminium, le silicone ou certains matériaux implantables.
  • Les symptômes sont surtout la fatigue, les douleurs musculaires et articulaires, les troubles du sommeil, les manifestations neurologiques et la dysautonomie.
  • Les mécanismes proposés reposent sur une activation immunitaire innée et adaptative, avec perte de tolérance et inflammation persistante.
  • Des données récentes montrent une activation immunitaire locale autour des implants en silicone, mais sans preuve d’un syndrome unique et universel.
  • Le syndrome ASIA reste controversé et n’est pas un diagnostic unanimement reconnu.

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Sources

  1. Ahmad, A. et al. Perspective of surface active agents in baking industry: an overview. Crit. Rev. Food Sci. Nutr. 54, 208–224 (2014).
  2. Lerner, A. & Matthias, T. Changes in intestinal tight junction permeability associated with industrial food additives explain the rising incidence of autoimmune disease. Autoimmun. Rev. 14, 479–489 (2015).
  3. Martino, J. V., Van Limbergen, J. & Cahill, L. E. The Role of Carrageenan and Carboxymethylcellulose in the Development of Intestinal Inflammation. Front. Pediatr. 5, (2017).
  4. Tobacman, J. K. Review of harmful gastrointestinal effects of carrageenan in animal experiments. Environ. Health Perspect. 109, 983–994 (2001).
  5. Winkler, H. C., Notter, T., Meyer, U. & Naegeli, H. Critical review of the safety assessment of titanium dioxide additives in food. J. Nanobiotechnology 16, 51 (2018).
  6. Powell, J. J., Faria, N., Thomas-McKay, E. & Pele, L. C. Origin and fate of dietary nanoparticles and microparticles in the gastrointestinal tract. J. Autoimmun. 34, J226-233 (2010).
  7. Brun, E. et al. Titanium dioxide nanoparticle impact and translocation through ex vivo, in vivo and in vitro gut epithelia. Part. Fibre Toxicol. 11, 13 (2014).
  8. Hummel, T. Z., Kindermann, A., Stokkers, P. C. F., Benninga, M. A. & ten Kate, F. J. W. Exogenous pigment in Peyer patches of children suspected of having IBD. J. Pediatr. Gastroenterol. Nutr. 58, 477–480 (2014).
  9. Urrutia-Ortega, I. M. et al. Food-grade titanium dioxide exposure exacerbates tumor formation in colitis associated cancer model. Food Chem. Toxicol. Int. J. Publ. Br. Ind. Biol. Res. Assoc. 93, 20–31 (2016).
  10. Hong, F., Zhou, Y., Zhou, Y. & Wang, L. Immunotoxic effects of thymus in mice following exposure to nanoparticulate TiO2. Environ. Toxicol. 32, 2234–2243 (2017).

A propos de l’auteur

Karine Bernard, phD

Naturopathe, formatrice, conférencière et docteur en sciences (spécialité immunologie), je suis la fondatrice de la méthode ISIS “Solutions en immunomodulation intégrative et systémique”. Je suis également à l’origine du site  immunonaturo.com, un blog dédié à la santé et au bien-être qui fait la part belle à votre système immunitaire.