Le typage lymphocytaire : Une analyse de votre immunité et de votre charge inflammatoire

mitochondrie

Le système immunitaire est un système dynamique complexe constitué de nombreuses cellules et protéines qui interagissent ensemble pour maintenir la vie et l’homéostasie au niveau de l’organisme.  Il nous protège contre les infections, élimine les cellules cancéreuses et régule la réparation des tissus, jouant ainsi un rôle essentiel dans la durée de vie en bonne santé et la longévité. Les vertébrés combinent l’immunité innée et l’immunité adaptative dans un réseau interdépendant dont les rôles fondamentaux sont d’assurer la neutralisation des agents pathogènes, l’élimination de l’organisme des cellules mortes ou transformées, des débris cellulaires et des déchets tout en assurant l’intégrité du soi et la compatibilité avec les autres fonctions vitales de l’organisme, notamment la survie et la reproduction. Ce réseau est en équilibre permanent afin d’assurer les réponses immunitaires prioritaires. Il est relié à d’autres systèmes tout aussi complexes tels que le système nerveux, le système endocrinien, le tissus adipeux, le système digestif et le microbiote. L’incapacité à établir une réponse immunitaire équilibrée peut être associée à une inflammation aigue excessive ou une inflammation systémique de bas grade.  Le déséquilibre du système immunitaire et l’inflammation associée contribue à une liste toujours croissante de maladies chroniques telles que les maladies auto-immunes, allergiques et infectieuses, mais également au vieillissement accéléré et à de nombreuses autres maladies chroniques telles que les cancers, les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’obésité, les maladies neurodégénératives, l’anxiété, la dépression, les maladies ostéoarticulaires, etc.

Le système immunitaire a adapté ses fonctions effectrices pour répondre de manière optimale à des espèces distinctes de microbes. Sur la base des connaissances émergentes, il est clair que les systèmes immunitaires innés et adaptatifs convergent vers 3 types principaux d’immunité effectrice, que certains auteurs ont proposé de classer comme type 1 , type 2 et type 312. Celles-ci comprennent les réponses de type 1 contre les menaces intracellulaires (telles que les virus, les bactéries et protozoaires intracellulaires et les tumeurs), les réponses de type 2 contre les grandes menaces extracellulaires (telles que les helminthes et différents types de toxines et venins) et les réponses de type 3 contre les micro-organismes extracellulaires (tels que les bactéries extracellulaires et les champignons).  Ces trois types d’immunité sont régulées pour établir une réponse immunitaire appropriée aux agents pathogènes potentiellement nocifs tout en tolérant les antigènes du soi et environnementaux.

Le système immunitaire sain est toujours actif et dans un état d’équilibre dynamique entre ces différents types de réponse parfois antagonistes. Cet équilibre est régulé à la fois par le milieu interne, l’environnement et le microbiote. De ce fait, l’altération du milieu interne ou de l’environnement microbien conduit à un déséquilibre immunitaire, qui détermine la tolérance, l’immunité protectrice et la pathologie inflammatoire. Le typage lymphocytaire est l’image à « un instant t » de cet équilibre appelé « état allostatique ».  Le typage lymphocytaire permet de repérer les déséquilibres du système immunitaires, rétablir un certain équilibre et ainsi espérer un fonctionnement optimal tout en limitant les processus inflammatoires à l’origine des différentes maladies inflammatoires chroniques de civilisation.

L’immunité de type I

La fonction principale de la réponse immunitaire de type 1, est de protéger l’organisme contre les agents pathogènes intracellulaires tels que les bactéries (Mycobacterium tuberculosis), les protozoaires (Leishmania Major, Toxoplasma gondii) et les virus12 et d’assurer l’élimination des cellules tumorales3.

Les marqueurs de l’immunité de type 1 sur le typage sont les populations suivantes : Th1, T8, T8c, T8s, RT8C/S, NK56, NK57 et NKT-like

L’immunité de type 1, en excès, pourrait jouer un rôle pathogène dans plusieurs maladies humaines, y compris les troubles auto-immuns, les maladies métaboliques et cardiovasculaires. Un taux élevé de TH1 est trouvé dans les maladies virales et microbiennes, les infections intra-cellulaires, le syndrome métabolique4 (même chez les adultes jeunes) et certaines maladies auto-immunes (sclérose en plaque, polyarthrite rhumatoïde, l’uvéite autoimmune et la myocardite autoimmune) au moins dans les modèles expérimentaux567, l’artrite juvénile idiopathique autoimmune8 et dans les formes arthritiques de la maladie de Behçet9. Les TH1 jouent aussi un rôle dans les maladies allergiques en exacerbant les réactions. Ils interviennent aussi dans certains mécanismes allergiques appelés hypersensibilité retardée.

L’immunité de type 2

Plus de 3 milliards de personnes dans le monde sont infectées par des vers parasites appelés helminthes ou souffrent de troubles allergiques tels que l’asthme, la rhinite allergique, les allergies alimentaires et la dermatite atopique10. Une caractéristique commune de ces affections infectieuses ou inflammatoires est la réponse immunitaire dite allergique ou « de type 2 »1112. Les réponses immunitaires de type 2 sont induites par et confèrent une protection contre les helminthes, mais peuvent également jouer des rôles pathologiques, favorisant des réponses inflammatoires aiguës et chroniques contre une myriade d’allergènes. Les substances qui déclenchent l’immunité de type 2 sont variées, allant des grands organismes multicellulaires extracellulaires (par exemple, les nématodes), aux venins, à la salive des tiques, aux excréments d’acariens et de cafards, les composants de la paroi des moisissures et des cellules bactériennes, les enzymes, les composants alimentaires, les squames animaux, le pollen des plantes et même les cristaux inorganiques d’alun et d’acide urique1314.

Les marqueurs de l’immunité de type 2 sur le typage sont les populations suivantes : Th2 et Th9

En excès, les Th2 sont impliqués dans l’inflammation intestinale15, la maladie atopique12, les maladies allergiques et asthmatiques, certaines maladies autoimmunes (MICI) et les cancers. Les TH9 ont été impliqués dans plusieurs affections inflammatoires telles que les maladies infectieuses cutanées bactériennes et fongiques16, les allergies affectant la peau, y compris le psoriasis17 et la dermatite de contact aiguë, les maladies inflammatoires de l’intestin (MICI) y compris la colite ulcéreuse et la maladie de Crohn et les troubles auto-immuns, tel que le lupus érythémateux disséminé18 et la polyarthrite rhumatoïde19.

Un déficit en immunité de type 2 augmente la susceptibilité aux infections helminthiques mais surtout aux dégâts créés par ces infections car les médiateurs de l’immunité de type 2 sont également impliqués dans le processus de réparation et de cicatrisation20. L’association de l’immunité de type 2 avec le tissu adipeux maigre et la protection contre l’obésité a été décrite par de nombreuses études récentes21. L’infection par les helminthes soutient le milieu régulateur de type 2 dans le tissu adipeux, essentiel pour atténuer l’inflammation et prévenir le développement de l’obésité associée au tissus adipeux blanc. De plus, l’immunité de type 2 peut activer la thermogenèse lors d’une exposition au froid ou à d’autres stress et améliorer la fonction métabolique en augmentant la dépense énergétique.

L’immunité de type 3

L’immunité de type 3 est consacrée à la protection contre les bactéries extracellulaires et les champignons221. Elle est également importante dans le maintien de l’intégrité de la muqueuse intestinale en induisant la production de peptides antimicrobiens par les cellules épithéliales1. Les lymphocytes Th22 présentent des activités protectrices pour l’épithélium et ont une action antibactériennes, antifongiques23 en stimulant la production de peptides anti-microbiens par les épithéliums24.

Des déficiences de l’immunité de type 3 peuvent prédisposer à certaines infections, à une dysbiose ou une perméabilité intestinale. Dans des modèles animaux d’infection, il a été démontré que les souris déficientes en IL-17 sont très sensibles aux bactéries et aux champignons, notamment Klebsiella pneumoniae, Staphylococcus aureus et Candida albicans25.

L’immunité de type 3 en excès peut être impliquée dans plusieurs maladies auto-immunes26272829 et certains cancers. Les lymphocytes Th17 originaires de l’intestin migrent vers des sites anatomiques distants où ils ont été impliquées dans la pathogenèse de divers troubles auto-immuns30 et inflammatoires à la fois dans les contextes expérimentaux et cliniques, y compris la colite, la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde31, les maladies autoimmunes de la thyroïde32, la maladie de Crohn33 et l’asthme34. Le microbiote joue un rôle central dans l’homéostasie immunitaire et le développement des maladies auto-immunes et inflammatoires. La dysbiose intestinale contribue à un déséquilibre entre les lymphocytes Th17 et les lymphocytes T régulateurs. Le microbiote intestinal semble jouer un rôle majeur dans la pathogenèse de la SEP35 en modulant le nombre de lymphocytes TH17.

Les marqueurs de l’immunité de type 3 sur le typage sont les populations suivantes : les lymphocytes Th17, Th22 et les neutrophiles.

L’immunité de tolérance

L’induction et le maintien de la tolérance immunitaire envers nos propres constituants et les composants inoffensifs de l’environnement sont un élément clé d’une réponse immunitaire saine. Un défaut de tolérance pourrait entraîner des réactions auto-immunes et auto-inflammatoires et des réactions allergiques, tandis qu’un excès de tolérance pourrait entraîner une susceptibilité augmentée aux infections, une tolérance excessive à un microbiote pathogène et le développement de cancers. Chaque réponse immunitaire doit être régulée pour être spécifique à chaque agent pathogène individuel et également pour empêcher la destruction ultérieure des tissus et/ou l’auto-immunité. La tolérance immunitaire est un état actif de réponse immunitaire avec des mécanismes sous-jacents qui sont maintenus par un réseau complexe de cellules régulatrices et de cytokines. Il existe plusieurs populations de cellules régulatrices, mais nous nous concentrerons ici sur les cellules qui sont les mieux connues et qui apparemment jouent le rôle immunorégulateur le plus important, à savoir les lymphocytes T régulateurs (Treg). Les Treg représentent environ 5 à 10% des lymphocytes T circulants2. Ils jouent un rôle essentiel dans les maladies allergiques et asthmatiques, les allergies alimentaires36 , la prévention de diverses maladies auto-immunes37, la guérison et la réparation des tissus3839. Des niveaux insuffisants de Treg circulants ont été associés à de nombreuses maladies autoimmunes et allergiques, l’infertilité et les échecs d’implantation lors de FIV.

La charge inflammatoire

Les excès d’immunité de type 1, type 2 et type 3 ainsi que les manques d’immunité de tolérance sont associés à de nombreuses maladies inflammatoires : allergie, asthme, atopie, maladies cardiovasculaires, maladies autoimmunes, cancers, maladies neurologiques et neurodégénératives .

équilibre inflammatoire

Equilibre inflammatoire entre les Treg anti-inflammatoire et les autres populations de lymphocytes T helper plutôt pro-inflammatoires si ils sont présents en excès.

En conclusion,

Le typage lymphocytaire vous permet de repérer les déséquilibres du système immunitaires, afin de rétablir un certain équilibre et ainsi espérer un fonctionnement optimal tout en limitant les processus inflammatoires à l’origine du vieillissement accéléré et de nombreuses pathologies chroniques. Les interventions thérapeutiques proposées permettent soit de minimiser la charge allostatique soit de rendre l’organisme plus résilient.  La résilience permet de minimiser les dommages physiologiques associés à des environnements difficiles. Lorsqu’un organisme est résilient, la charge allostatique et inflammatoire sera moindre vis-à-vis du même stressor.

Où faire vos analyses ?

Si vous habitez en France ou en Belgique, vous pouvez passer directement par le laboratoire LIMS-Mbnext (Louvain-la-Neuve en Belgique) ou par un médecin ou un thérapeute qui peut s’en occuper pour vous. Le laboratoire vous enverra le kit de prélèvement ainsi que toutes les instructions pour le prélèvement sanguin et le retour du colis qui se fait par Chronopost Santé.

Si vous habitez en Suisse, vous pouvez passer par un laboratoire partenaire tel que le Laboratoire Risch ou Boillat ainsi que par le laboratoire MGD ou par un médecin ou un thérapeute formé à la lecture du typage.

Maladie de Parkinson : Et si tout commençait dans l’intestin ?

Introduction

Lorsque l’on évoque la maladie de Parkinson, les premières images qui viennent à l’esprit sont souvent celles de tremblements, d’une démarche ralentie ou d’une rigidité musculaire. Sur le plan médical classique, la cause est bien connue : la perte progressive des neurones qui fabriquent la dopamine, ce précieux neurotransmetteur de la motricité.

Pourtant, un changement de paradigme majeur est en train de secouer les neurosciences. Les recherches scientifiques les plus récentes nous révèlent que Parkinson n’est pas uniquement une maladie cérébrale ou une fatalité liée au vieillissement des neurones. Brain-first vs. body-first Parkinson’s disease: An update on recent evidence

Il s’agit, en réalité, d’une pathologie profondément connectée à notre système immunitaire et à notre écosystème intestinal. Parkinson’s Disease: A Multisystem Disorder

Des altérations immunitaires et inflammatoires peuvent en effet être mesurées dans l’organisme des dizaines d’années avant l’apparition des premiers troubles moteurs. Pour ralentir ou prévenir la progression de la maladie, il ne suffit plus de chercher à remplacer la dopamine manquante : il faut impérativement comprendre l’axe neuro-immunitaire et apprendre à calmer le feu de l’inflammation.

  1. La Microglie : quand les sentinelles du cerveau basculent dans l’inflammation chronique

Pour comprendre l’origine de cette neuro-inflammation, il faut plonger au cœur de notre cerveau et faire la connaissance de ses gardiennes : les cellules microgliales, ou microglie. Ces cellules représentent le système immunitaire inné propre au système nerveux central. En temps normal, elles sont de formidables sentinelles, chargées de nettoyer les débris cellulaires, de protéger les neurones contre les agressions et de maintenir un environnement sain.

Dans la maladie de Parkinson, un perturbateur vient casser ce fragile équilibre : une protéine appelée alpha-synucléine. Pour des raisons encore mal connues, cette protéine se replie de manière anormale et s’agglomère, formant des agrégats toxiques pour les neurones.

Face à ces agrégats, la microglie donne l’alerte et passe en mode « attaque ». Elle tente désespérément de nettoyer ces protéines anormales. Cependant, lorsque cette agression persiste et que les capacités de nettoyage du cerveau sont débordées, la microglie reste activée en permanence. Les sentinelles protectrices se transforment alors en sources de danger : elles se mettent à sécréter en continu des cytokines pro-inflammatoires (comme le TNF-alpha ou l’IL-1 bêta) et des radicaux libres.

C’est ce phénomène de neuro-inflammation chronique de bas grade (étroitement lié à l’inflammaging, le vieillissement inflammatoire) qui finit par asphyxier et détruire les neurones dopaminergiques de la substance noire. Rompre ce cercle vicieux en modulant la réponse de la microglie est aujourd’hui l’un des piliers incontournables de la recherche et de l’accompagnement intégratif. Neuroinflammation in Alzheimer’s and Parkinson’s diseases: pathogenic mechanisms and therapeutic strategies

  1. L’axe Intestin-Cerveau : la maladie de Parkinson prend-elle racine dans l’intestin ?

Et si le véritable point de départ de la maladie de Parkinson ne se situait pas du tout dans la tête, mais bien dans le ventre ? Cette hypothèse, formulée il y a plusieurs années par le neuroanatomiste Heiko Braak, est aujourd’hui confirmée par les découvertes scientifiques les plus récentes. Chez une grande majorité de patients, des troubles digestifs sévères – comme une constipation opiniâtre – précèdent de dix à quinze ans les tout premiers tremblements. Staging of brain pathology related to sporadic Parkinson’s disease

Pour comprendre ce lien, il faut s’intéresser à la rupture d’homéostasie de notre écosystème intestinal. Sous l’effet du stress chronique, d’une alimentation inadaptée ou d’expositions environnementales, le microbiote se modifie profondément (dysbiose). Cette altération fragilise la muqueuse intestinale jusqu’à provoquer un phénomène d’intestin poreux (ou leaky gut).

Lorsque la barrière intestinale perd son étanchéité, elle laisse passer des fragments bactériens pro-inflammatoires, comme les lipopolysaccharides (LPS), ainsi que des toxines dans la circulation générale. Le système immunitaire périphérique se retrouve alors en état d’alerte permanente, déclenchant une inflammation systémique de bas grade. C’est précisément dans cet environnement intestinal perturbé que l’alpha-synucléine commence à se replier anormalement au niveau du système nerveux entérique (le « cerveau d’en bas »). Telle une onde de choc, cette protéine toxique va ensuite migrer pour remonter pas à pas jusqu’au cerveau, où elle finira par activer la microglie.

De plus, cette inflammation sanguine chronique finit par fragiliser la barrière hémato-encéphalique — le filtre protecteur de notre cerveau — permettant aux signaux inflammatoires du corps de venir alimenter directement le feu de la neuro-inflammation. Adopter une alimentation anti-inflamamtoire, restaurer l’intégrité de la barrière intestinale et chouchouter son microbiote ne sont donc pas des options secondaires : ce sont les premières lignes de défense pour protéger vos neurones.

Le réflexe immunonutrition : Adopter une alimentation ciblée est le premier levier pour refermer les jonctions serrées de l’intestin et éteindre l’inflammation. Pour découvrir les clés concrètes de cette démarche, vous pouvez consulter notre guide numérique dédié : Prenez votre santé en main en adoptant une alimentation anti-inflammatoire.

L’impact caché des toxines microbiennes et environnementales : le cas du LPS et de la BMAA

Au-delà des facteurs génétiques et du mode de vie, la recherche s’oriente aujourd’hui vers le rôle pivot des toxines environnementales et microbiennes dans le déclenchement des pathologies neurodégénératives. Parmi elles, le lipopolysaccharide (LPS), une endotoxine issue de la membrane des bactéries à Gram négatif de notre propre intestin, est largement pointé du doigt. En cas d’intestin poreux, le LPS s’infiltre dans l’organisme et favorise directement le dysfonctionnement mitochondrial ainsi que la neuro-inflammation, deux processus clés de la maladie de Parkinson.

Un autre exemple particulièrement alarmant est la BMAA (β-méthylamino-L-alanine), une neurotoxine produite par certaines cyanobactéries et micro-organismes omniprésents dans l’eau. Microbial BMAA and the Pathway for Parkinson’s Disease Neurodegeneration

Le scénario destructeur de la BMAA : de l’iléon à la substance noire

Les données expérimentales les plus récentes mettent en lumière un mécanisme d’action à double détente, confirmant le point de départ intestinal de la pathologie :

  1. Le sabotage de l’immunité intestinale : Chez des modèles animaux, l’exposition à la BMAA entraîne la perte d’une bactérie protectrice cruciale logée dans la muqueuse de l’iléon (la fin de l’intestin grêle). Cette bactérie est normalement la garante de la réponse immunitaire homéostatique (l’équilibre immunitaire). Sa disparition provoque une altération immédiate de la barrière intestinale (leaky gut) et déclenche une inflammation systémique de bas grade. Ce feu inflammatoire voyage par le sang et vient fragiliser la barrière hémato-encéphalique (BHE) précisément au niveau de la substance noire, la zone cérébrale de la dopamine.
  1. Une propagation le long du nerf vague

Ce processus toxique suit une chronologie bien précise. L’exposition chronique de l’intestin à la BMAA induit d’abord un état pro-inflammatoire et un dysfonctionnement mitochondrial entérique. Chez les sujets vulnérables, cela déclenche une première vague de neurodégénérescence au niveau du système nerveux entérique (SNE), le système nerveux de l’intestin.

Fait fascinant et redoutable, la BMAA déclenche alors une agrégation de l’alpha-synucléine qui remonte depuis l’intestin jusqu’à la substance noire du cerveau, en empruntant comme autoroute le noyau moteur dorsal du nerf vague. De plus, cette toxine est capable de sauter de neurone en neurone, montrant une affinité particulière pour les motoneurones.

  1. Le chaos cellulaire et l’activation microgliale : En parallèle, la BMAA pénètre les cellules où elle induit un dysfonctionnement et une fragmentation des mitochondries (les centrales énergétiques de nos cellules). Ce stress mitochondrial majeur déclenche l’activation de l’immunité innée directement au sein des neurones, ce qui embrase la microglie et mène à la neurodégénérescence.

Un enjeu de santé publique invisible

Ces découvertes scientifiques renforcent l’urgence d’une prise de conscience environnementale. Bien que la BMAA soit omniprésente dans l’eau, elle ne figure absolument pas dans les protocoles de routine d’évaluation de la qualité de l’eau potable municipale. Pourtant, cette neurotoxine s’accumule le long de la chaîne alimentaire, notamment dans les poissons, les crustacés et les mollusques que nous consommons. Face à ces preuves croissantes, la détection de la BMAA dans les eaux douces et marines devient un enjeu crucial pour protéger notre santé intestinale et, par extension, notre cerveau. Parkinson’s Disease: A Multisystem Disorder

L'axe intestin cerveau dans la maladie de Parkinson

  1. Cibler l’inflammation intestinale et neurologique comme stratégie thérapeutique

La science est désormais formelle : pour stopper la progression de la maladie de Parkinson, il faut éteindre l’incendie neuro-inflammatoire. Les essais cliniques majeurs sur de nouvelles molécules thérapeutiques (comme le bezisterim, un analogue synthétique de l’androstenetriol) démontrent qu’en ciblant spécifiquement la baisse de l’inflammation cérébrale et systémique, on obtient une amélioration significative des symptômes moteurs et non moteurs. L’avenir de la neurologie passe indiscutablement par l’immunomodulation.

Selon les piliers de la méthode ISIS (Solutions en immunomodulation intégrative et systémique), nous disposons de leviers d’action puissants et naturels pour restaurer ce terrain neuro-immunitaire :

  • L’alimentation immunonutritionnelle et anti-inflammatoire : Elle vise à réduire de façon personnalisée l’apport d’aliments inflammatoires : lectines, composés glyqués et sucres raffinés, tout en saturant l’organisme de polyphénols hautement protecteurs et d’acides gras essentiels (oméga-3 EPA/DHA). Ces nutriments ciblés aident à stabiliser la membrane des neurones et à calmer l’hyperactivation de la microglie.
  • La réparation de la barrière intestinale : L’utilisation de prébiotiques spécifiques, de molécules cicatrisantes (comme la glutamine ou certains extraits de plantes) et d’une alimentation anti-inflammatoire personnalisée permet de refermer les mailles du leaky gut. En stoppant le passage des endotoxines bactériennes dans le sang, on coupe la source principale de l’inflammation périphérique qui fragilise le cerveau.
  • La stimulation du système polyvagal (le nerf vague) : Les recherches récentes confirment que le stress chronique et les traumatismes majeurs accélèrent le vieillissement immunitaire (inflammaging) et altèrent la plasticité cérébrale. Le nerf vague est la principale autoroute anti-inflammatoire de notre corps. En activant la voie réflexe cholinergique par des techniques de respiration, de stimulation et de biofeedback, on envoie un signal direct au système immunitaire et à la microglie pour qu’ils cessent la production de cytokines destructrices.

Le réflexe Nerf Vague : Réguler votre système nerveux autonome est une clé indispensable pour freiner les processus dégénératifs liés à l’inflammation. Pour apprendre à stimuler efficacement cette voie protectrice au quotidien, découvrez notre e-book : Prenez soin de vous en réveillant votre nerf vague.

Conclusion

La maladie de Parkinson ne doit plus être perçue comme une simple fatalité neurologique isolée du reste du corps. Elle est le reflet d’un déséquilibre systémique où l’intestin, le système immunitaire et le cerveau dialoguent de manière inadaptée. Les découvertes scientifiques de 2026 nous ouvrent une formidable lueur d’espoir : en agissant de manière précoce et globale sur l’inflammation de bas grade, nous avons le pouvoir de protéger notre capital neuronal.

Chaque terrain est unique. Si vous souhaitez mettre en place une stratégie individualisée,  pour soutenir votre santé neuro-immunitaire, vous pouvez prendre RDV pour un Suivi personnalisé.

Note médicale

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et général et ne remplacent en aucun cas un avis médical, un diagnostic ou un traitement professionnel. La maladie de Parkinson nécessite une prise en charge neurologique stricte. N’interrompez jamais vos traitements médicaux sans l’accord de votre médecin traitant.

Pour en savoir plus sur les méthodes anti-inflammatoires, je vous invite à lire les livres numériques suivants :

alimentation anti-inflammatoire
Prenez soin de vous en stimulant votre nerf vague
Les infections des voies respiratoires : grippe, rhume, coronavirus. Comment renforcer votre immunité ?

Sources

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A propos de l’auteur

Karine Bernard, phD

Naturopathe, formatrice, conférencière et docteur en sciences (spécialité immunologie), je suis la fondatrice de la méthode ISIS “Solutions en immunomodulation intégrative et systémique”. Je suis également à l’origine du site  immunonaturo.com, un blog dédié à la santé et au bien-être qui fait la part belle à votre système immunitaire.