Comment vos intestins vont venir au secours de vos poumons dans la covid-19 ?

Vous savez maintenant que l’inflammation excessive, non résolue est un problème majeur dans les formes graves de la COVID-19. En effet, cette inflammation excessive est notamment responsable du syndrome respiratoire aiguë. Mais saviez-vous que l’état de nos intestins peut moduler l’inflammation au niveau pulmonaire ? Dans cet article vous trouverez des solutions naturelles pour diminuer l’inflammation pulmonaire dans la COVID-19.
L’intestin, au secours de vos poumons pour diminuer l’inflammation
Comme vous le savez déjà, notre intestin est un acteur important de notre immunité. Une communauté microbienne équilibrée dans l’intestin est d’une grande importance pour la fonction immunitaire et la santé (1). Il a été démontré que les intestins affectent l’immunité pulmonaire grâce à un dialogue entre l’écosystème intestinal et les poumons, appelé axe intestin-poumon (2). Cet axe permettant la communication entre les intestins et les poumons est bidirectionnel. En effet, l’état de nos intestins modifie l’état de nos poumons et vice-versa, nos poumons peuvent aussi agir sur nos intestins. C’est-à-dire que lorsque l’inflammation se produit dans le poumon, l’axe poumon-intestin peut induire des changements dans le sang et le microbiote intestinal.
L’axe intestin-poumon
« L’axe intestin-poumon » agit comme un réseau de communication bidirectionnel. Dans un sens de nombreuses infections respiratoires sont souvent accompagnées de symptômes gastro-intestinaux (3) ou de dysfonctionnement intestinal. Dans l’autre sens, la dysbiose du microbiote intestinal est liée à des troubles respiratoires et des infections. Par exemple, l’augmentation de certaines bactéries, les clostridies et la réduction des bifidobactéries dans l’intestin sont liées à l’asthme au début de la vie (4). Un microbiote sain maintient donc un système immunitaire tolérant dans l’intestin et protège contre les maladies inflammatoires systémiques (5).
L’implication de l’axe intestin-poumon dans la pathogenèse des maladies pulmonaires constitue un domaine émergent et très prometteur (6). De plus en plus d’études indiquent que les réponses immunitaires, l’inflammation et le développement de différentes maladies pulmonaires dépendent de l’écosystème intestinal et notamment des espèces microbiennes intestinales et des métabolites qu’elles sécrètent.
Les mécanismes par lesquels l’écosystème intestinal influe sur les réponses immunitaires et l’inflammation dans les poumons, et vice versa, font l’objet d’études approfondies. Cependant, les mécanismes ne sont pas encore complètement identifiés. Ci-dessous, vous trouverez une liste des mécanismes possibles
- Les microbes, les sels biliaires et d’autres stimuli immunitaires du tube digestif pourraient jouer un rôle vital dans l’immunité des muqueuses du système respiratoire (7).
- La circulation sanguine reliant la niche intestinale à celle du poumon permettrait le passage d’endotoxines, de métabolites microbiens, de cytokines et d’hormones et la migration des cellules immunitaires de l’intestin vers les voies respiratoires afin de combattre les infections.
- Les acides gras à chaine courte peuvent atteindre le poumon par la circulation sanguine pour exercer une régulation immunitaire et des effets anti-inflammatoires.
- Les niveaux de vitamine A, D et E sont aussi des effecteurs majeurs de la réponse immunitaire aux agents environnementaux dans la lumière des voies respiratoires (8).
- La colonisation directe des bactéries bénéfiques du microbiote intestinal dans les voies respiratoires est un autre mécanisme possible.
- Plusieurs autres mécanismes ont été proposés tels que l’implication de certaines populations de lymphocytes T régulateurs, les cytokines et médiateurs de l’inflammation (9).
Agissez sur le microbiote intestinal
Des études récentes montrent que le microbiote intestinal a un rôle essentiel dans la médiation des réponses immunitaires dans des sites distants, y compris le poumon. Les communautés microbiennes pulmonaires et intestinales sont considérablement modifiées dans une variété de troubles respiratoires (10). Les bactéries commensales intestinales affectent probablement le processus des maladies infectieuses des voies respiratoires via une modulation immunitaire locale ou distale.
Un microbiote moins diversifié dans l’intestin augmente l’inflammation pulmonaire et la mort par infection
En effet, la réduction de la diversité microbienne dans le tractus gastro-intestinal a été suivie d’une mortalité considérablement accrue par infection virale respiratoire. Cette augmentation de la mortalité due à une infection virale respiratoire était associée à une réponse immunitaire défectueuse et trop inflammatoire. Elle est caractérisée par une augmentation de cytokines inflammatoires (IFN-γ pulmonaire, IL-6 et chimiokine CCL2) et une diminution du nombre de lymphocytes T régulateurs dans les poumons et l’intestin (11).
L’axe intestin-poumon dans l’inflammation
Il existe donc bel et bien un axe intestin-poumon dans lequel l’écosystème intestinal est capable de contrôler la réponse immunitaire et inflammatoire pulmonaire aux allergènes, aux microbes et aux virus.

Figure sur « l’Axe intestin-poumon chez une personne dont les intestins sont en bonne santé et une autre personne dont les intestins sont inflammés » issue de l’article « Links Between Inflammatory Bowel Disease and Chronic Obstructive Pulmonary Disease »
Chez les individus en bonne santé, les intestins et les poumons abritent diverses communautés microbiennes qui comprennent principalement des bactéries des phylums Bacteroidetes et Firmicutes. Le microbiote intestinal remplit des fonctions clés telles que la génération d’acide gras à chaine courte à partir des fibres de l’alimentation. Une alimentation saine et riche en fibres favorise la santé intestinale et respiratoire.
La dysbiose microbienne conduit à une perte d’intégrité de la barrière épithéliale et à des réponses immunitaires inappropriées dirigées contre le microbiote. La dysbiose est caractérisée par un déséquilibre de la flore intestinale et peut s’accompagner d’une augmentation de la porosité intestinale et d’une inflammation locale et systémique. Certains facteurs environnementaux tels que la fumée de cigarette ou un régime alimentaire occidental ont été liés à la dysbiose microbienne intestinale et pulmonaire.
Bien que l’axe intestin-poumon commence seulement à être compris, de nouvelles preuves indiquent qu’il existe un potentiel de manipulation de cet écosystème intestinal dans le traitement des maladies pulmonaires. De nouvelles stratégies thérapeutiques qui ciblent la manipulation du microbiome intestinal et de l’écosystème intestinal par les probiotiques, les prébiotiques, les substances naturelles ou les changements alimentaires ont déjà été essayées dans diverses maladies pulmonaires. Ces approches donnent des résultats encourageants dans la plupart des cas et peuvent améliorer les réponses immunitaires (12).
L’axe intestin-poumon : une réalité à ne pas négliger dans la COVID-19
Dans la Covid 19, l’action sur l’axe intestin-poumon est une approche intéressante comme suggéré par différents auteurs. Elle pourrait nous aider à diminuer l’inflammation pulmonaire et les symptômes pulmonaires comme la toux et les difficultés respiratoires.

Figure « Représentation d’un probable « axe intestin-poumon» dans la COVID-19 » extraite de l’article « Immunological co-ordination between gut and lungs in SARS-CoV-2 infection » . L’inhalation de gouttelettes chargées de SRAS-CoV-2 expulsées d’une personne infectée entraîne la liaison du SRAS-CoV-2 à l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 (ACE2) et à d’autres récepteurs pour l’entrée dans les cellules hôtes. Le système immunitaire hyperactif de l’hôte libère des médiateurs inflammatoires conduisant à une « tempête de cytokines ». L’augmentation des médiateurs inflammatoires conduit à une hyperperméabilité pulmonaire de telle sorte que le virus avec les médiateurs inflammatoires via la circulation migre vers l’intestin et se lie aux récepteurs ACE2 hautement exprimés sur les entérocytes. Le SRAS-CoV-2 réduit l’expression des récepteurs ACE2 et affecte la composition microbienne et le système immunitaire de l’hôte. Les médiateurs inflammatoires perturbent la perméabilité intestinale conduisant à la fuite des microbes intestinaux et des métabolites associés dans la circulation. Les microbes et produits qui fuient par circulation migrent vers les organes, y compris les poumons, et produisent des anomalies. Une « dysbiose microbienne » est également suspectée en raison de l’observation de la diarrhée comme principal symptôme gastro-intestinal chez les patients atteints de la maladie COVID-19.
Les méthodes naturelles contre l’inflammation pulmonaire dans la covid-19
Pour maintenir des muqueuses en bonne santé, la priorité est évidemment d’avoir une alimentation équilibrée peu transformée riche en micronutriments, en fibres et en bonnes graisses de type oméga-3 de type méditérranéenne et anti-inflammatoire . Il vous faut aussi un bon microbiote afin de produire des acides gras à chaine courte dont on connaît l’effet protecteur sur les muqueuses et l’effet immunomodulateur.
Les compléments alimentaires pour vous aider à diminuer l’inflammation pulmonaire
Une alimentation saine, équilibrée et anti-inflammatoire peut s’avérer insuffisante dans certaines situations. Il existe pour y remédier sur le marché croissant des compléments alimentaires, des spécialités qui contribuent au maintien de muqueuses normales.
J’ai moi-même eu l’occasion de tester PERMEA REGUL®+ des laboratoires COPMED sur de la toux sèche persistante depuis plusieurs semaines suite à une infection avec des résultats assez impressionnants puisque la toux a disparu en 24h.
Ce produit contient des fibres d’acacia aux effets prébiotiques qui améliorent la production d’acides gras à chaine courte aux effets immunomodulateurs. Il contient aussi des substances anti-oxydantes comme le L-glutathion et le marc de raisin riche en polyphénols, de la glutamine et du zinc pour la fonction des entérocytes mais aussi des cellules immunitaires et des substances naturelles anti-inflammatoires comme le curcuma, et les gamma-oryzanols.
Les gamma-oryzanol, présents dans le son du riz asiatique (Oriza sativa), sont des polyphénols antioxydants dont la quantité et la qualité varient en fonction de la variété et du cultivar du riz. Le γ-oryzanol extrait du son de riz est en fait un mélange de dix molécules organiques différentes (13). Les avantages biologiques du γ-oryzanol ont été étudiés de manière intensive. En particulier, ses activités antioxydantes et anti-inflammatoires ont bien été documentées (14),(15).
L’activité anti-inflammatoire du γ-oryzanol est médiée par des effets directs et aussi probablement indirects via une action sur le microbiote. Son action anti-inflammatoire directe se fait par inhibition du facteur de transcription pro-inflammatoire NF-κB dans les macrophages, un facteur qui joue un rôle important dans l’exacerbation de l’inflammation.
En conclusion prenez-soin de vos intestins pour des poumons plus performants et moins malades.
En conclusion, prenez soin de l’axe intestin-poumon cet automne et cet hiver surtout si l’infection descend sur les poumons et que vous avez une toux persistante ou une gêne respiratoire. Cela ne vous dispense pas évidemment d’aller consulter votre médecin, de perdre du poids si nécessaire et de travailler sur votre terrain général. Surtout, n’oubliez pas d’adopter une alimentation anti-inflammatoire car nous savons à quel point, elle participe à la résolution de l’inflammation et peut vous préserver de l’obésité, du diabète, de l’hypertension et des maladies cardiovasculaires, les facteurs de risque principaux dans la COVID-19.
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Introduction
Le syndrome ASIA, pour Autoimmune/Inflammatory Syndrome Induced by Adjuvants, désigne un ensemble de manifestations cliniques attribuées à une exposition à certaines substances capables de stimuler le système immunitaire, appelées adjuvants. Wikipédia
L’idée centrale est qu’un adjuvant peut, chez des personnes prédisposées, déclencher ou entretenir une réponse immunitaire anormale, avec des symptômes inflammatoires, auto-immuns ou dysautonomiques. Le concept a été proposé pour regrouper plusieurs tableaux cliniques partiellement similaires, notamment la myofasciite à macrophages, le syndrome de la guerre du Golfe, certaines réactions post-vaccinales et des manifestations liées aux implants en silicone.
Cependant, le syndrome ASIA reste un sujet sensible. D’un côté, plusieurs auteurs considèrent qu’il fournit un cadre utile pour décrire certains syndromes inflammatoires complexes liés à des expositions environnementales ou médicales. De l’autre, ses critères diagnostiques sont jugés insuffisamment validés et son statut nosologique reste discuté. Une revue publiée en 2024 souligne d’ailleurs l’expansion rapide des travaux sur ASIA, sans pour autant lever les incertitudes sur la causalité et l’hétérogénéité des cas rapportés.
Qu’est-ce que le syndrome ASIA ?
Le terme ASIA a été proposé en 2011 par Yehuda Shoenfeld et ses collaborateurs pour décrire un syndrome associant des symptômes communs apparaissant après exposition à un adjuvant immunologique. Pubmed
L’hypothèse repose sur l’idée que certaines substances, bien qu’utiles pour renforcer une réponse immunitaire, peuvent aussi agir comme déclencheurs d’une inflammation persistante chez des sujets vulnérables. Les adjuvants évoqués sont variés : sels d’aluminium, silicone, certains matériaux implantables, mais aussi des composés utilisés dans des dispositifs médicaux.
Dans la littérature, ASIA est généralement présenté comme un syndrome englobant plusieurs entités cliniques : la myofasciite à macrophages, le syndrome de la guerre du Golfe, la siliconose et certaines réactions post-vaccinales. L’objectif n’est pas de dire que ces maladies sont identiques, mais qu’elles pourraient partager des mécanismes immunologiques ou inflammatoires proches. C’est précisément cette proposition qui suscite l’intérêt scientifique, mais aussi une partie des controverses. Pour des vaccins sans aluminium
Quels adjuvants sont en cause ?
Les adjuvants sont des substances destinées à renforcer la réponse immunitaire. En vaccination, ils améliorent l’immunogénicité d’un antigène et permettent souvent une protection plus durable. Dans le cadre du syndrome ASIA, le débat porte sur le fait que certaines de ces substances pourraient, dans des conditions particulières, provoquer une activation immunitaire excessive ou prolongée.
Les substances les plus souvent évoquées sont les sels d’aluminium, certains biomatériaux, les implants en silicone et plus récemment d’autres dispositifs médicaux contenant des matériaux pro-inflammatoires. La revue publiée dans autoimmune Reviex en décembre 2024 cite aussi de nouveaux adjuvants ou matériaux suspectés dans des syndromes de type ASIA, notamment certaines prothèses, implants ou maillages utilisés en chirurgie. Pubmed.
Quels symptômes sont décrits ?
Les manifestations rapportées dans le syndrome ASIA sont très polymorphes. Elles incluent classiquement une fatigue chronique, des douleurs musculaires, des arthralgies, une faiblesse musculaire, des troubles du sommeil, des symptômes neurologiques, une sécheresse buccale, des troubles cognitifs et parfois une fièvre prolongée. Ces symptômes sont assez généraux, ce qui rend le diagnostic délicat et expose au risque de confusion avec d’autres maladies inflammatoires, endocriniennes, psychiatriques ou fonctionnelles.wikipedia
La revue de 2023 insiste également sur des éléments plus récents, comme la dysautonomie et la neuropathie des petites fibres, ainsi que des auto-anticorps atypiques dirigés contre des récepteurs couplés aux protéines G. Ces observations ont conduit les auteurs à proposer que ces anomalies pourraient faire partie du spectre ASIA chez certains patients.cris.maastrichtuniversity
Quels mécanismes sont proposés ?
Sur le plan mécanistique, ASIA repose sur une hypothèse d’activation immunitaire inappropriée. L’adjuvant pourrait activer l’immunité innée, favoriser une production prolongée de cytokines inflammatoires, entretenir le recrutement de macrophages et amplifier la réponse adaptative. Chez les individus prédisposés, cette stimulation pourrait favoriser la perte de tolérance au soi et l’apparition de phénomènes auto-immuns.
Les auteurs évoquent aussi des mécanismes de persistance locale du matériel implanté, d’inflammation chronique de faible intensité et de réponse tissulaire prolongée. Dans le cas des implants mammaires en silicone, des études récentes montrent une activation immunitaire locale mesurable, même lorsque l’implant paraît intact, avec des signatures génétiques évoquant des voies associées à des maladies auto-immunes. Les implants en Silicone induisent une réponse immunitaire et inflammatoire au contact de la prothèse même quand celle-ci ne fuit pas. Science Direct

Que disent les publications récentes ?
La revue publiée en 2023 propose une mise à jour du concept ASIA et suggère que le champ de recherche doit s’élargir à de nouveaux adjuvants, à de nouvelles formes cliniques et à des marqueurs biologiques plus précis. Elle souligne aussi que la dysautonomie, les auto-anticorps non classiques et la neuropathie des petites fibres pourraient enrichir les critères de définition du syndrome.cris.maastrichtuniversity
L’analyse bibliométrique publiée fin 2024 montre que les publications sur ASIA augmentent nettement, avec des collaborations internationales en croissance et un intérêt marqué pour les mécanismes immunologiques impliqués. Cette dynamique scientifique témoigne d’un vrai sujet de recherche, mais elle ne résout pas la question centrale : celle de la validité clinique et nosologique du syndrome en tant qu’entité indépendante.pubmed.ncbi.nlm.nih
Quelle est la place des vaccins ?
C’est probablement l’un des points les plus sensibles. Le concept ASIA a été utilisé dans certains travaux pour discuter de réactions post-vaccinales, notamment après les vaccins contenant des adjuvants. Mais il faut être très prudent : le fait qu’un symptôme apparaisse après une vaccination ne prouve pas automatiquement un lien causal. Les revues récentes insistent davantage sur l’hypothèse d’une susceptibilité individuelle que sur une causalité générale applicable à tous les vaccinés.
Il est également important de distinguer le débat scientifique sur ASIA de l’évaluation globale du rapport bénéfice-risque des vaccins. Les vaccins restent des outils majeurs de santé publique, et le concept ASIA ne remet pas en cause leur utilité générale. Il tente plutôt de décrire un petit sous-groupe de situations cliniques potentiellement liées à une réponse immunitaire excessive chez certains patients.
Le cas des implants en silicone
Les implants en silicone sont très souvent cités dans les discussions sur ASIA. Les données récentes suggèrent qu’ils peuvent induire une activation locale du système immunitaire, avec inflammation chronique et expression de gènes associés à des voies auto-immunes. Une étude de 2025 rapporte, dans les tissus péri-prothétiques, une réponse immunogène et l’expression de marqueurs liés à plusieurs maladies auto-immunes, surtout lorsque l’exposition au silicone est importante ou que l’implant est rompu. Science Direct
Une émission a été réalisé sur le sujet des implants en silicone et des implants en général par la chaine suisse RTS.
Cela ne signifie pas pour autant qu’un implant provoque systématiquement une maladie auto-immune. L’enjeu est d’identifier les patients qui développent une réaction excessive et de comprendre pourquoi certains individus tolèrent parfaitement ces matériaux alors que d’autres développent des symptômes. ANSM
Pourquoi le sujet reste controversé ?
Le principal problème du syndrome ASIA est le manque de critères diagnostiques totalement validés et de biomarqueurs spécifiques. Beaucoup de symptômes décrits sont non spécifiques et peuvent être retrouvés dans de nombreuses maladies. Cela rend la preuve d’un lien causal difficile, surtout quand les études sont de petite taille, rétrospectives ou basées sur des séries de cas.
En pratique, une partie de la communauté médicale considère ASIA comme un concept utile pour stimuler la recherche, tandis qu’une autre reste prudente et préfère parler de réactions inflammatoires ou auto-immunes associées à certains adjuvants sans reconnaître un syndrome unifié. La position la plus rigoureuse consiste donc à admettre qu’il existe un signal clinique et expérimental, mais que ce signal ne suffit pas encore à faire du syndrome ASIA un diagnostic largement consensuel.
Conclusion
La maladie auto-immune/inflammatoire induite par les adjuvants, ou syndrome ASIA, est un concept intéressant qui tente de relier certaines réactions inflammatoires ou auto-immunes à l’exposition à des substances adjuvantes. Les publications de 2023 et 2024 montrent que la recherche progresse, notamment autour des mécanismes immunologiques, des nouveaux matériaux impliqués et de possibles biomarqueurs comme la dysautonomie ou les auto-anticorps atypiques.
Mais il faut rester prudent. Les preuves restent incomplètes, les critères diagnostiques sont discutés, et la plupart des symptômes décrits ne sont pas spécifiques. Aujourd’hui, ASIA doit être considéré comme un cadre de réflexion utile pour la recherche et l’évaluation clinique de certains patients, plutôt que comme une entité diagnostique définitivement établie.
Points clés à retenir
- ASIA signifie Autoimmune/Inflammatory Syndrome Induced by Adjuvants.
- Le concept regroupe plusieurs tableaux cliniques supposément déclenchés par des adjuvants comme l’aluminium, le silicone ou certains matériaux implantables.
- Les symptômes sont surtout la fatigue, les douleurs musculaires et articulaires, les troubles du sommeil, les manifestations neurologiques et la dysautonomie.
- Les mécanismes proposés reposent sur une activation immunitaire innée et adaptative, avec perte de tolérance et inflammation persistante.
- Des données récentes montrent une activation immunitaire locale autour des implants en silicone, mais sans preuve d’un syndrome unique et universel.
- Le syndrome ASIA reste controversé et n’est pas un diagnostic unanimement reconnu.
Si vous voulez en savoir plus sur les méthodes naturelles pour renforcer votre immunité et votre terrain immunitaire, je vous invite à lire
A propos de l’auteur
Karine Bernard, phD
Naturopathe, formatrice, conférencière et docteur en sciences (spécialité immunologie), je suis la fondatrice de la méthode ISIS “Solutions en immunomodulation intégrative et systémique”. Je suis également à l’origine du site immunonaturo.com, un blog dédié à la santé et au bien-être qui fait la part belle à votre système immunitaire.
