Les deux miracles coréens

Si vous suivez l’actualité sur le Covid-19, vous avez du remarqué que le taux de mortalité en Corée du sud est le plus bas de tous les pays infectés. Il est d’environ 1,5 % alors qu’il s’élève à 8% en Italie.
Vous allez me dire que c’est parce que la Corée du sud réalise plus de test donc mathématiquement si plus de personnes sont détectés alors le taux de mortalité diminue. Et vous aurez raison. C’est mathématique.
Mais alors comment expliquez-vous que le nombre de mort soit aussi plus bas qu’en Europe, alors que le premier cas de Covid-19 a été signalé en janvier, plus tôt qu’en Europe et alors qu’il y a deux semaines nous en étions au même stade. Vous allez me dire que l’ensemble de la population s’est mise à porter des masques et des gants et a respecté la distanciation sociale, que la politique de dépistage à grande échelle et l’isolation des malades très tôt a permis la stabilisation de l’épidémie . Résultat : l’économie tourne encore, le nombre de décès est 10 fois plus faible qu’en France et le nombre de cas s’est stabilisé autour de 10 000. Et vous aurez raison.
Je me suis quand même demandé si la cuisine coréenne pouvait y avoir sa part de responsabilité même minime soit-elle.
En effet, je me rappellerai toujours de l’expérience d’une escale de 9h à l’aéroport de Séoul lors d’un voyage au Népal dans les années 2000. On nous avait distribué un ticket dans l’avion pour prendre un plateau repas à l’aéroport. Quelle surprise en cherchant à se ravitailler ! Un seul endroit pour manger distribuant une nourriture typique coréenne. Pas de sandwichs, de chips, pas de cookies, pas de handburgers, pas de sucré. Bref rien d’occidental ! Un vrai choc culturel et culinaire en arrivant des Etats Unis ou je vivais à l’époque. Une vraie bonne surprise pour une adepte de l’alimentation saine !
Je ne suis jamais retournée en Corée depuis mais en voyage à l’étranger si la nourriture locale n’est pas extraordinaire, je me débrouille toujours pour trouver un restaurant coréen et je n’ai jamais été déçue.
Une cuisine exemplaire nutritionnellement équilibrée selon l’OMS
La Corée du sud est en effet un pays reconnu pour la variété et la qualité de sa cuisine. Une cuisine saine peu sucrée, très pimentée, riche en légumes dont des légumes sauvages et aliments fermentés qui a valu à leur cuisine le titre de ‘’Cuisine exemplaire nutritionnellement équilibrée’’, décerné par l’Organisation Mondiale de la Santé.
Une cuisine qui pourrait être responsable de leur extraordinaire longévité. La Corée du sud se classait déjà en 2015 troisième au classement de la meilleure longévité en bonne santé et pourrait devenir première au classement d’ici dix ans selon une étude très sérieuse publiée dans the Lancet1. Selon cette étude, l’espérance de vie pourrait atteindre 91 ans en 2030. C’est le « deuxième miracle coréen ». Encore selon cette étude leurs habitudes alimentaires n’y seraient pas pour rien dans ce miracle.
Une cuisine qui nourrit votre microbiote
En Corée du sud, chaque repas est accompagné du kimchi, un plat traditionnel préparé avec des piments relevés et des légumes lactofermentés.
Le kimchi, le plat de base de cette cuisine a été cité par le magazine de santé ‘’Health Magazine’’ comme l’un des cinq plats les plus sains au monde.
L’autre particularité de la cuisine coréenne est qu’elle est saine et peu sucrée. Aussi, les coréens préfèrent la cuisson à la vapeur pour faire cuire leurs aliments, même si de nombreux plats sont cuisinés en mijoté, en grillades ou en sauté avec un peu de matières grasses. En plus de choisir des ingrédients frais et sains, ils prennent des portions raisonnables, ce qui leur permet d’augmenter leur longévité.
Le kimchi, une habitude alimentaire aux mille vertus pour l’immunité
Le kimchi est le plat de base de la cuisine coréenne et il est systématiquement présent à table pour accompagner et accommoder les plats. Il s’agit donc de légumes fermentés dans de la saumure pendant plusieurs semaines et assaisonnés d’ail, de gingembre et de piment ou d’autres ingrédients. Les ingrédients les plus courants du kimchi sont le chou chinois, les carottes, les radis comme le radis blanc, l’ail, le piment rouge, l’oignon blanc frais, les crevettes fermentées ou autres fruits de mer, le gingembre, le sel et le sucre. Le plus courant est à base de chou chinois, dont on connaît déjà la formidables qualités nutritionnelles. Sa fermentation et son association avec ail, le gingembre et le piment en font une véritable préparation médicinale qui aurait de réelles propriétés pour booster votre immunité. Les Sud-Coréens adultes mangent de 50 grammes à 200 grammes de kimchi par jour soit de 18 kg à 73 kg de kimchi par personne et par an.
Les matières premières sont divisées en quatre classes
- Les matières premières principales : bien que le chou chinois soit plus souvent signalé comme ingrédient principal, jusqu’à 30 types de légumes différents, y compris le radis, le jeune radis oriental, le radis en queue de cheval et le concombre, peuvent également être utilisés.
- Les épices : les épices régulièrement utilisées sont le poivre rouge et noir, la cannelle, l’ail, le gingembre, l’oignon et la moutarde.
- Les assaisonnements : les assaisonnements les plus fréquemment utilisés comprennent le sel et les fruits de mer marinés au sel, le sirop de maïs, les graines de sésame et la sauce de soja.
- Les autres aliments supplémentaires : les champignons ainsi que les légumes comme la carotte, le poireau et le cresson, les fruits de mer comme l’huître et les crevettes, les céréales comme l’orge et le riz, les fruits comme la pomme et la poire, les viandes comme le porc et le bœuf et bien d’autres selon la disponibilité, la région géographique et le goût souhaité appartient à la dernière classe d’ingrédients.
Le kimchi au chou chinois, appelé localement « Baechu », est le type de kimchi le plus populaire en Corée. Pour la préparation de ce produit, la composition moyenne des différentes matières premières est la suivante : chou chinois 74–90%, radis 2,8–13,5%, ail 1,4–2,0%, gingembre 0,5–1,0%, oignon 1,5–2,0%, vert oignon 1,0–3,5%, poivron rouge 1,8–3,0%, et une multitude d’ingrédients facultatifs tels que poireau, crevette et pâte d’anchois, etc. ajoutés chacun en dessous de 2,0% ; le niveau final de sel est calculé à 2,5%.
L’un des cinq aliments le plus sain au monde
Le kimchi est reconnu dans le monde entier pour le nombre d’allégations de santé qui ont été faites. Il a été présenté dans Health Magazine en 2006 comme l’un des cinq aliments les plus sains au monde2,3. Ces bienfaits pour la santé résultent de l’utilisation de matières premières à haute valeur nutritive et du microbiote dominant la fermentation. Les légumes de la famille des brassicacées contiennent un certain nombre de composés potentiellement bénéfiques pour la santé, notamment des fibres alimentaires, des minéraux, des acides aminés, des vitamines, des caroténoïdes, des glucosinolates et des polyphénols.
Le Kimchi est composé de divers légumes et contient une forte concentration de fibres alimentaires tout en étant pauvre en calories. Une portion fournit également plus de 50% de la quantité quotidienne recommandée de vitamine C et de carotène. La plupart des types de kimchi contiennent des oignons, de l’ail, du gingembre et des piments chili, qui sont tous salutaires. Les légumes utilisés dans le kimchi contribuent également à l’apport en vitamine A, en thiamine (B1), en riboflavine (B2), en calcium et contiennent des bactéries lactiques, parmi lesquelles l’espèce typique Lactobacillus kimchii.
Les lactobacilles étant très impliqués dans la fermentation du kimchi, il en résulte une concentration en acide lactique supérieure à celle du yaourt. Les espèces de lactobacilles qui participent au consortium microbien pendant la fermentation du kimchi sont nombreuses. Plusieurs espèces, comme Ln. carnosum, Ln. mesenteroides, Ln. gelidum, Ln. lactis, W. confusa, Lb. plantarum et Lb. sakei semblent être des éléments stables du microécosystème alors que des espèces comme Ln. citreum, Ln. gasicomitatum, Ln. kimchi, W. koreensis, W. cibaria, Lb. spicheri, Lb. parabrevis, Lb. brevis et Lb. curvatus peut être sporadiquement présent.
Certains Coréens pensent que le kimchi les aide à faire face à leur vie au rythme effréné. En Asie de l’Est, le faible nombre de cas de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en Corée est parfois attribué à l’habitude coréenne de consommer de grandes quantités de kimchi, bien qu’aucun lien entre cette consommation et une résistance au SRAS n’ait été scientifiquement établi les ventes de kimchi ont augmenté de 40%.
La grande variété de matières premières utilisées pour la préparation du kimchi le rend unique par rapport à tous les autres produits fermentés. Cette variété génère une gamme de produits avec une intensité organoleptique variée, ce qui la rend adaptée à tous les âges et à tous les goûts.
La teneur nutritive du chou chinois [Brassica rapa L. pekinensis (Lour.) Olsson] en particulier a été largement étudiée:
- présence de vitamines A et C,
- 34 acides aminés dont la thréonine, l’arginine, l’acide γ-aminobutyrique, l’alanine, l’asparagine, la sérine et l’acide glutamique étant quantitativement les plus importants,
- 10 éléments minéraux dont Ca, Mg, K, Na en plus grande abondance relative ,
- la lutéine et le β-carotène comme principaux caroténoïdes ont été signalés.
Par conséquent, les matières premières utilisées dans la préparation du kimchi entraînent une augmentation de la valeur nutritionnelle, avec présence :
- Des niveaux élevés de vitamines telles que la vitamine C, le bêta-carotène, le complexe de vitamine B;
- Des minéraux tels que Na, Ça, K, et P;
- Des fibres alimentaires;
- Et autres divers composants fonctionnels tels que les composés allyliques, le gingérol, la capsaïcine, l’isothiocyanate et la chlorophylle.
Les bienfaits pour la santé du Kimchi
La consommation de kimchi dans le cadre de l’alimentation quotidienne présente un certain nombre d’avantages pour la santé3,4. Le kimchi peut jouer un rôle important dans le retard du vieillissement par la réduction de la production de radicaux libres et l’augmentation des activités enzymatiques anti-oxydantes.
Les composés phytochimiques tels que les composés indoliques, le b-sitostérol, l’isothiocyanate de benzyle et le thiocyanate sont les composés actifs importants trouvés dans le kimchi, dont on a signalé qu’ils possédaient divers potentiels médicinaux tels que les propriétés anti obésité, anticancéreuse, antioxydante et anti-athérosclérotique2.
Les polyphénols et glucosinolates sont aussi des composés trouvés en abondance dans le kimchi qui ont montré des effets protecteurs contre les maladies cardiovasculaires et neurodégénératives
Outre le chou chinois, le radis et l’oignon sont très souvent ajoutés au mélange, qui sont tous deux des sources très importantes de composés phytochimiques alimentaires tels que les polyphénols, les thiosulfates et les anthocyanes. L’oignon est une source majeure de flavonoïdes, en particulier les glucosides de quercétine aux effets anti-inflammatoires signalés5.
La majorité des personnes décédées du coronavirus souffrait d’hypertension, de diabète et de maladies cardiovasculaires
Une étude (https://www.epicentro.iss.it/coronavirus/sars-cov-2-decessi-italia) réalisée en Italie sur 6801 patients décédés du coronavirus a montré que le nombre d’hommes décédés du coronavirus était bien plus élevé que celui des femmes (figure 1). Les décès sont trois à quatre fois plus nombreux chez les hommes chez les moins de 79 ans.

Figure 1 : Nombre absolu de personnes décédées en fonction du groupe d’âge.
Cette étude a aussi montrée que 98% (n=710) des personnes décédées avait au moins une comorbidité. 73% des personnes avaient de l’hypertension et 31,3 % avaient du diabète. Avant l’hospitalisation, 30% des patients décédés COVID-19 positifs ont suivi un traitement par inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 (ACE2) et 17% un traitement par bloqueurs des récepteurs de l’angiotensine-II. Ces informations peuvent être sous-estimées car les données sur les traitements médicamenteux avant l’admission n’étaient pas toujours disponibles.
Cette information est d’autant plus importante quand on sait que les coronavirus pathogènes humains (dont SARS-CoV et SARS-CoV-2) se lient à leurs cellules cibles via l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 (ACE2), qui est exprimée par les cellules épithéliales salivaires, du poumon, de l’intestin, du rein, et des vaisseaux sanguins. Or l’expression de l’ACE2 est considérablement augmentée chez les patients qui sont traités avec des inhibiteurs de l’ACE (Enzyme de conversion de l’angiotensine ) et des bloqueurs des récepteurs de l’angiotensine II.
Deux chercheurs du Departement de Biomedicine et de médecine interne de l’université de Bale en Suisse ont même émis l’hypothèse dans une communication publiée dans the Lancet que l’expression d’ACE2 est augmentée dans le diabète et le traitement avec des inhibiteurs d’ACE et des bloqueurs des récepteurs de l’angiotensine-AR2 augmente l’expression d’ACE2. Par conséquent, l’expression accrue de l’ACE2 faciliterait l’infection par COVID-19. Ils émettent donc l’hypothèse que le traitement du diabète et de l’hypertension avec des médicaments stimulant l’ECA2 augmente le risque de développer un COVID-19 sévère et fatal. D’autres chercheurs et la société européenne d’hypertension rappellent que les données sont trop faibles pour le moment et mettent en garde contre l’abandon brutal du traitement antihypertenseur qui pourrait être associé à des risques graves tels que l’infarctus aigu du myocarde, les accidents vasculaires cérébraux et la mort d’origine cardiovasculaire. Ainsi, l’arrêt du traitement de l’hypertension pourrait entraîner encore plus de morbidité et de mortalité que le COVID-19 lui-même. Il existe d’autres alternatives à ces hypertenseurs et les patients doivent en discuter avec leurs médecins.

Figure 2 : Comorbidités les plus communes chez les patients décédés du coronavirus.
Le Kimchi et le syndrome métabolique
Le syndrome métabolique (hypertension, diabète et surpoids) semble être un facteur de risque de décès dans l’épidémie de coronavirus. Or, plusieurs études ont montré les bienfaits du Kimchi sur le syndrome métabolique. Divers chercheurs ont indiqué que la consommation régulière de kimchi contribue à diminuer le taux de cholestérol dans le corps. De plus, Kim E. K. et al. (2011)6 ont suggéré que la consommation de kimchi fermenté pouvait également affecter l’obésité, le métabolisme lipidique et les processus inflammatoires chez l’homme. Dans cette dernière étude, l’ingestion de kimchi fermenté a présenté une série d’effets positifs sur une variété de facteurs associés au syndrome métabolique, y compris les pressions sanguines systolique et diastolique, le pourcentage de graisse corporelle, le glucose à jeun et le cholestérol total, par rapport au kimchi frais suggérant que la fermentation fournit des effets favorables supplémentaires pour l’amélioration des paramètres métaboliques. La poudre de poivron rouge utilisée dans le kimchi est riche en capsaïcine, qui peut provoquer une perte de graisse corporelle en stimulant les nerfs rachidiens et active la libération de catécholamines dans les glandes surrénales du corps. Ce composé augmente le métabolisme corporel et diminue ainsi la teneur en matières grasses2.
Le poivre rouge et le poivre noir contiennent respectivement de la capsaïcine et la pipérine aux activités anti-oxydantes et anti-inflammatoires.
L’ail est riche en composés organosulfurés connus pour leur pouvoir anti-inflammatoire7 dans le diabète et l’obésité et leur potentiel cardioprotecteur. L’ail est reconnu pour faire baisser la tension artérielle8. Il est recommandé comme composant diététique à long terme pour les patients souffrant de dyslipidémie, de diabète et d’hypertension9. La supplémentation en ail a un potentiel de protection cardiovasculaire basée sur la réduction des facteurs de risque (hypertension et cholestérol total) et les marqueurs de l’athérosclérose10 (la protéine C-réactive (CRP), la vitesse de l’onde de pouls (VOP) et la calcification des artères coronaires).
Enfin, le gingembre (Zingiber officinale Roscoe, Zingibéracées) a été documenté pour améliorer l’hyperlipidémie, l’hyperglycémie, le stress oxydatif et l’inflammation. Il possède ainsi des effets potentiels intéressants sur le syndrome métabolique et l’obésité11. Dans une autre étude, le gingembre a réduit efficacement les dommages aux poumons et protégé les poumons des dommages graves dus à l’hyperoxie et à l’inflammation12.
Le kimchi et l’immunité
L’infection par le coronavirus se déroule en deux phases.
Une première phase virale ou le virus se multiplie et pendant laquelle sont sollicitées nos trois lignes de défenses.
- La première ligne de défense est composée des nos barrières physiques, microbiennes et chimiques avec notamment les muqueuses intestinales et respiratoires.
- La deuxième ligne de défense fait intervenir l’immunité innée (macrophages, neutrophiles, cellules tueuses naturelles)
- La troisième ligne de défense fait intervenir l’immunité adaptative (avec les lymphocytes et anticorps).
La deuxième phase est une phase inflammatoire responsable en général des complications respiratoires ou viscérales. Pendant cette phase l’inflammation excessive va endommager les tissus. La charge virale peut être faible ce qui montre que le virus n’est pas en cause. C’est le système immunitaire qui s’est emballé. Il a mis en place une inflammation pour tuer le virus mais il n’arrive plus à arrêter cette inflammation. C’est donc la phase de résolution (arrêt) de l’inflammation qui ne fonctionne pas.
Pourquoi ? C’est la bonne question à se poser et que tout-un chacun devrait se poser.
Plusieurs réponses à cette question existent. La première réponse vient de notre assiette. Les molécules anti-inflammatoires nécessaires à la résolution de l’inflammation ne sont plus consommées régulièrement et en quantité suffisante.
Et c’est notamment le cas des produits fermentés.
Le Kimchi a plusieurs effets sur l’immunité
- La consommation régulière de kimchi contribue à augmenter le développement et la croissance des cellules immunitaires13.
- Les nombreux ingrédients présents dans le Kimchi de moduler une inflammation trop excessive. C’est le cas de la capsaïne contenu dans le piment, de l’ail, des radis, des choux. Ces aliments sont aussi riches en fibres qui seront décomposées par la flore intestinale en acides gras à chaines courtes dont le butyrate aux actions anti-inflammatoires bien reconnues.
- De nombreuses espèces bactériennes présentes dans le Kimchi ont des propriétés anti-inflammatoires. C’est le cas de lactobacillus plantarum14, lactobacillus brevis OPK-315, Weissella cibaria JW1516, Lactobacillus paracasei LS217, Lactobacillus sakei K101 et Lactobacillus plantarum K818.
- Le Kimchi par son action sur le microbiote intestinal va aussi moduler l’immunité intestinale et ainsi moduler l’inflammation systémique (ailleurs dans le corps). Cela va permettre une meilleure immunité spécifique et une résolution de l’inflammation plus efficace.
La consommation de Kimchi permet aussi de diminuer la cachexie lors de cancer19 par son effet anti-inflammatoire.
Pour une bonne immunité, il faut donc de bonnes muqueuses, une bonne immunité innée, une bonne immunité adaptative et une bonne résolution de l’inflammation.
Partagez cet article
Introduction
Le syndrome ASIA, pour Autoimmune/Inflammatory Syndrome Induced by Adjuvants, désigne un ensemble de manifestations cliniques attribuées à une exposition à certaines substances capables de stimuler le système immunitaire, appelées adjuvants. Wikipédia
L’idée centrale est qu’un adjuvant peut, chez des personnes prédisposées, déclencher ou entretenir une réponse immunitaire anormale, avec des symptômes inflammatoires, auto-immuns ou dysautonomiques. Le concept a été proposé pour regrouper plusieurs tableaux cliniques partiellement similaires, notamment la myofasciite à macrophages, le syndrome de la guerre du Golfe, certaines réactions post-vaccinales et des manifestations liées aux implants en silicone.
Cependant, le syndrome ASIA reste un sujet sensible. D’un côté, plusieurs auteurs considèrent qu’il fournit un cadre utile pour décrire certains syndromes inflammatoires complexes liés à des expositions environnementales ou médicales. De l’autre, ses critères diagnostiques sont jugés insuffisamment validés et son statut nosologique reste discuté. Une revue publiée en 2024 souligne d’ailleurs l’expansion rapide des travaux sur ASIA, sans pour autant lever les incertitudes sur la causalité et l’hétérogénéité des cas rapportés.
Qu’est-ce que le syndrome ASIA ?
Le terme ASIA a été proposé en 2011 par Yehuda Shoenfeld et ses collaborateurs pour décrire un syndrome associant des symptômes communs apparaissant après exposition à un adjuvant immunologique. Pubmed
L’hypothèse repose sur l’idée que certaines substances, bien qu’utiles pour renforcer une réponse immunitaire, peuvent aussi agir comme déclencheurs d’une inflammation persistante chez des sujets vulnérables. Les adjuvants évoqués sont variés : sels d’aluminium, silicone, certains matériaux implantables, mais aussi des composés utilisés dans des dispositifs médicaux.
Dans la littérature, ASIA est généralement présenté comme un syndrome englobant plusieurs entités cliniques : la myofasciite à macrophages, le syndrome de la guerre du Golfe, la siliconose et certaines réactions post-vaccinales. L’objectif n’est pas de dire que ces maladies sont identiques, mais qu’elles pourraient partager des mécanismes immunologiques ou inflammatoires proches. C’est précisément cette proposition qui suscite l’intérêt scientifique, mais aussi une partie des controverses. Pour des vaccins sans aluminium
Quels adjuvants sont en cause ?
Les adjuvants sont des substances destinées à renforcer la réponse immunitaire. En vaccination, ils améliorent l’immunogénicité d’un antigène et permettent souvent une protection plus durable. Dans le cadre du syndrome ASIA, le débat porte sur le fait que certaines de ces substances pourraient, dans des conditions particulières, provoquer une activation immunitaire excessive ou prolongée.
Les substances les plus souvent évoquées sont les sels d’aluminium, certains biomatériaux, les implants en silicone et plus récemment d’autres dispositifs médicaux contenant des matériaux pro-inflammatoires. La revue publiée dans autoimmune Reviex en décembre 2024 cite aussi de nouveaux adjuvants ou matériaux suspectés dans des syndromes de type ASIA, notamment certaines prothèses, implants ou maillages utilisés en chirurgie. Pubmed.
Quels symptômes sont décrits ?
Les manifestations rapportées dans le syndrome ASIA sont très polymorphes. Elles incluent classiquement une fatigue chronique, des douleurs musculaires, des arthralgies, une faiblesse musculaire, des troubles du sommeil, des symptômes neurologiques, une sécheresse buccale, des troubles cognitifs et parfois une fièvre prolongée. Ces symptômes sont assez généraux, ce qui rend le diagnostic délicat et expose au risque de confusion avec d’autres maladies inflammatoires, endocriniennes, psychiatriques ou fonctionnelles.wikipedia
La revue de 2023 insiste également sur des éléments plus récents, comme la dysautonomie et la neuropathie des petites fibres, ainsi que des auto-anticorps atypiques dirigés contre des récepteurs couplés aux protéines G. Ces observations ont conduit les auteurs à proposer que ces anomalies pourraient faire partie du spectre ASIA chez certains patients.cris.maastrichtuniversity
Quels mécanismes sont proposés ?
Sur le plan mécanistique, ASIA repose sur une hypothèse d’activation immunitaire inappropriée. L’adjuvant pourrait activer l’immunité innée, favoriser une production prolongée de cytokines inflammatoires, entretenir le recrutement de macrophages et amplifier la réponse adaptative. Chez les individus prédisposés, cette stimulation pourrait favoriser la perte de tolérance au soi et l’apparition de phénomènes auto-immuns.
Les auteurs évoquent aussi des mécanismes de persistance locale du matériel implanté, d’inflammation chronique de faible intensité et de réponse tissulaire prolongée. Dans le cas des implants mammaires en silicone, des études récentes montrent une activation immunitaire locale mesurable, même lorsque l’implant paraît intact, avec des signatures génétiques évoquant des voies associées à des maladies auto-immunes. Les implants en Silicone induisent une réponse immunitaire et inflammatoire au contact de la prothèse même quand celle-ci ne fuit pas. Science Direct

Que disent les publications récentes ?
La revue publiée en 2023 propose une mise à jour du concept ASIA et suggère que le champ de recherche doit s’élargir à de nouveaux adjuvants, à de nouvelles formes cliniques et à des marqueurs biologiques plus précis. Elle souligne aussi que la dysautonomie, les auto-anticorps non classiques et la neuropathie des petites fibres pourraient enrichir les critères de définition du syndrome.cris.maastrichtuniversity
L’analyse bibliométrique publiée fin 2024 montre que les publications sur ASIA augmentent nettement, avec des collaborations internationales en croissance et un intérêt marqué pour les mécanismes immunologiques impliqués. Cette dynamique scientifique témoigne d’un vrai sujet de recherche, mais elle ne résout pas la question centrale : celle de la validité clinique et nosologique du syndrome en tant qu’entité indépendante.pubmed.ncbi.nlm.nih
Quelle est la place des vaccins ?
C’est probablement l’un des points les plus sensibles. Le concept ASIA a été utilisé dans certains travaux pour discuter de réactions post-vaccinales, notamment après les vaccins contenant des adjuvants. Mais il faut être très prudent : le fait qu’un symptôme apparaisse après une vaccination ne prouve pas automatiquement un lien causal. Les revues récentes insistent davantage sur l’hypothèse d’une susceptibilité individuelle que sur une causalité générale applicable à tous les vaccinés.
Il est également important de distinguer le débat scientifique sur ASIA de l’évaluation globale du rapport bénéfice-risque des vaccins. Les vaccins restent des outils majeurs de santé publique, et le concept ASIA ne remet pas en cause leur utilité générale. Il tente plutôt de décrire un petit sous-groupe de situations cliniques potentiellement liées à une réponse immunitaire excessive chez certains patients.
Le cas des implants en silicone
Les implants en silicone sont très souvent cités dans les discussions sur ASIA. Les données récentes suggèrent qu’ils peuvent induire une activation locale du système immunitaire, avec inflammation chronique et expression de gènes associés à des voies auto-immunes. Une étude de 2025 rapporte, dans les tissus péri-prothétiques, une réponse immunogène et l’expression de marqueurs liés à plusieurs maladies auto-immunes, surtout lorsque l’exposition au silicone est importante ou que l’implant est rompu. Science Direct
Une émission a été réalisé sur le sujet des implants en silicone et des implants en général par la chaine suisse RTS.
Cela ne signifie pas pour autant qu’un implant provoque systématiquement une maladie auto-immune. L’enjeu est d’identifier les patients qui développent une réaction excessive et de comprendre pourquoi certains individus tolèrent parfaitement ces matériaux alors que d’autres développent des symptômes. ANSM
Pourquoi le sujet reste controversé ?
Le principal problème du syndrome ASIA est le manque de critères diagnostiques totalement validés et de biomarqueurs spécifiques. Beaucoup de symptômes décrits sont non spécifiques et peuvent être retrouvés dans de nombreuses maladies. Cela rend la preuve d’un lien causal difficile, surtout quand les études sont de petite taille, rétrospectives ou basées sur des séries de cas.
En pratique, une partie de la communauté médicale considère ASIA comme un concept utile pour stimuler la recherche, tandis qu’une autre reste prudente et préfère parler de réactions inflammatoires ou auto-immunes associées à certains adjuvants sans reconnaître un syndrome unifié. La position la plus rigoureuse consiste donc à admettre qu’il existe un signal clinique et expérimental, mais que ce signal ne suffit pas encore à faire du syndrome ASIA un diagnostic largement consensuel.
Conclusion
La maladie auto-immune/inflammatoire induite par les adjuvants, ou syndrome ASIA, est un concept intéressant qui tente de relier certaines réactions inflammatoires ou auto-immunes à l’exposition à des substances adjuvantes. Les publications de 2023 et 2024 montrent que la recherche progresse, notamment autour des mécanismes immunologiques, des nouveaux matériaux impliqués et de possibles biomarqueurs comme la dysautonomie ou les auto-anticorps atypiques.
Mais il faut rester prudent. Les preuves restent incomplètes, les critères diagnostiques sont discutés, et la plupart des symptômes décrits ne sont pas spécifiques. Aujourd’hui, ASIA doit être considéré comme un cadre de réflexion utile pour la recherche et l’évaluation clinique de certains patients, plutôt que comme une entité diagnostique définitivement établie.
Points clés à retenir
- ASIA signifie Autoimmune/Inflammatory Syndrome Induced by Adjuvants.
- Le concept regroupe plusieurs tableaux cliniques supposément déclenchés par des adjuvants comme l’aluminium, le silicone ou certains matériaux implantables.
- Les symptômes sont surtout la fatigue, les douleurs musculaires et articulaires, les troubles du sommeil, les manifestations neurologiques et la dysautonomie.
- Les mécanismes proposés reposent sur une activation immunitaire innée et adaptative, avec perte de tolérance et inflammation persistante.
- Des données récentes montrent une activation immunitaire locale autour des implants en silicone, mais sans preuve d’un syndrome unique et universel.
- Le syndrome ASIA reste controversé et n’est pas un diagnostic unanimement reconnu.
Sources
Your Content Goes Here
A propos de l’auteur
Karine Bernard, phD
Naturopathe, formatrice, conférencière et docteur en sciences (spécialité immunologie), je suis la fondatrice de la méthode ISIS “Solutions en immunomodulation intégrative et systémique”. Je suis également à l’origine du site immunonaturo.com, un blog dédié à la santé et au bien-être qui fait la part belle à votre système immunitaire.