Le rôle du zinc dans l’immunité et la Covid-19

Le zinc, après le fer, est le deuxième oligo-élément le plus répandu dans le corps humain. La quantité totale de zinc chez les adultes est d’environ 1,4 à 2,3 grammes mais sa teneur varie considérablement d’un tissu à l’autre. La plupart du zinc (85%) est localisé dans les muscles et les os, 11% du zinc est stocké dans la peau et le foie et les 4% restants dans d’autres tissus du corps. Puisque le zinc est présent dans chaque organe, tissu et fluide du corps, sa carence s’avère cruciale pour la santé humaine. La carence en zinc a été signalé au début des années 1960 après la découverte des « nains d’Iran » à Shiraz par le médecin Ananda Prasad. Ces habitants de Shiraz, de petite taille avec des caractères sexuels peu développés, une peau rugueuse et sèche, une léthargie mentale ne mangeait que du pain (farine de blé entier) et n’avait aucun apport de protéines animales contenant du zinc. Depuis cette découverte, la carence en zinc a été impliquée dans le dysfonctionnement immunitaire et notamment l’immunité antivirale, le retard de croissance, l’hypogonadisme et les troubles cognitifs.
La carence marginale à modérée conduit à un retard de croissance, à un manque d’appétit, à une immunité réduite, à un stress oxydatif augmenté et à une augmentation de la production de cytokines inflammatoires. D’autres symptômes incluent des réactions cutanées, une cicatrisation tardive des plaies et une diminution de la capacité de reproduction1. L’apport adéquat revêt une grande importance aussi pour les performances neuropsychologiques. La carence en zinc est de plus en plus associée à une léthargie mentale, à une déficience cognitive, à des symptômes de dépression et à la maladie d’Alzheimer2. Les manifestations cliniques les plus graves de la carence en zinc sont observées dans l’acrodermatite entéropathique. Ce désordre métabolique héréditaire récessif rare peut devenir fatal s’il n’est pas reconnu et traité instantanément avec du zinc.
Le zinc est essentiel à la structure et à la fonction d’environ 3000 protéines y compris ∼ 300 enzymes et ∼ 750 facteurs de transcription en doigt Zn, dont un certain nombre sont profondément impliqués dans l’homéostasie et l’inflammation. Cela représente environ 10% des protéines humaines. Le zinc intervient donc dans différentes fonctions cellulaires tels que la prolifération et la différenciation cellulaire, l’apoptose, le métabolisme, la synthèse de l’ADN, la reproduction, la vision, le goût et la cognition. De plus, un nombre croissant de preuves suggère que la carence en zinc augmente les concentrations de cytokines inflammatoires et de stress oxydatif, induit une apoptose et provoque un dysfonctionnement cellulaire. L’élément joue donc un rôle préventif contre la formation des radicaux libres et protège les structures biologiques contre les blessures lors des processus inflammatoires3.
Compte tenu de la forte prévalence de la carence en zinc dans le monde (jusqu’à 17%), son impact sur la santé de la population est considéré comme un problème majeur notamment chez les personnes malnutris, les nourrissons, en particulier les prématurés, et les personnes âgées ou chez toutes les personnes souffrant de malabsorption.
Le rôle du zinc dans l’immunité et l’inflammation
Le Zn est un micronutriment essentiel, qui joue un rôle important dans la physiologie du système immunitaire en agissant comme molécule de signalisation. Le Zn agit non seulement comme un agent anti-inflammatoire, mais fonctionne également comme un antioxydant au niveau des membranes. La carence en Zn affecte la survie des cellules immunitaires et affecte négativement des fonctions importantes telles que la phagocytose, la destruction des cellules cibles et la production de cytokines. Le zinc module la réponse immunitaire et présente une activité antioxydante et anti-inflammatoire4. L’effet profond du zinc sur l’immunité innée et adaptative est incontournable. Alors qu’une carence aiguë en Zn provoque une diminution de l’immunité innée et adaptative, une carence chronique augmente l’inflammation.
Dans les populations où le zinc alimentaire est insuffisant, la carence en zinc augmente la susceptibilité à l’infection et sa durée. Des études sur des modèles précliniques montrent clairement que la carence en Zn joue un rôle dans l’atrophie du thymus et des tissus lymphoïdes et diminue les mécanismes d’activation des réponses des lymphocytes T auxiliaires et des lymphocytes T CD8 + cytotoxiques. Plus précisément, une carence en Zn conduit à un système immunitaire affaibli, comme en témoigne la dégénérescence du thymus, la lymphopénie et des réponses lymphocytaires défectueuses. La carence en Zn provoque une immunodéficience avec une lymphopénie sévère qui se caractérise en partie par une diminution considérable du développement des compartiments des lymphocytes B dans la moelle osseuse. De plus, le Zn potentialise l’effet de IFN-α d’un ordre de grandeur ce qui est bien utile dans la lutte contre le SARS-CoV-2.
Le Zn est un constituant essentiel de l’hormone thymuline, qui est impliquée dans la maturation et la différenciation des cellules T dans la glande du thymus. Le Zn joue non seulement un rôle important dans la production d’IL-2 et d’IFN-γ, mais stimule également les macrophages pour produire de l’IL-12. L’IL-12 active les cellules tueuses naturelles et les cellules cytotoxiques T. L’IFN-γ et l’IL-12 jouent tous deux un rôle crucial dans la destruction de divers agents pathogènes.
Au cours d’une carence chronique, la production de cytokines pro-inflammatoires augmente, ce qui influe sur l’issue d’un grand nombre de maladies inflammatoires, notamment la polyarthrite rhumatoïde5. Plusieurs études ont démontré les effets bénéfiques de la supplémentation en zinc sur les maladies infectieuses respiratoires chez l’homme6. La supplémentation quotidienne en zinc a permis de prévenir et traiter la diarrhée, diminuer la durée du rhume et le risque d’infections respiratoires. Le zinc est aussi essentiel pour maintenir la structure et la fonction de la première ligne de défense ; celle des muqueuses et notamment celle de la muqueuse intestinale. Sa carence provoque des dommages aux cellules épidermiques et aux revêtements des voies gastro-intestinales et pulmonaires, ce qui peut faciliter l’entrée de pathogènes potentiels et d’agents nocifs dans le corps7.
Zoom sur le rôle du zinc dans l’immunité et l’inflammation
Le zinc est indispensable à une fonction immunitaire normale. La carence en zinc conduit à une attraction réduite des polynucléaires neutrophiles et à une diminution de la phagocytose, tandis que la supplémentation en zinc a l’effet inverse. Le zinc augmente l’adhésion des monocytes aux cellules endothéliales in vitro et affecte la production de cytokines pro inflammatoires, telles que les interleukines IL-1β, IL-6 et TNF-α. Le zinc est également impliqué dans la reconnaissance du complexe majeur d’histocompatibilité (MHC) de classe I par les cellules NK, et l’activité lytique des cellules NK est affectée lors de l’appauvrissement en zinc. En ce qui concerne l’immunité adaptative, un manque de zinc va entrainer une atrophie du thymus, une diminution des lymphocytes T et des lymphocyte B, ce qui affecte la production d’anticorps. Le zinc est également crucial pour l’équilibre entre les différents sous-ensembles de lymphocytes T.
La supplémentation en zinc améliore aussi l’immunité innée des muqueuses par stimulation de la sécrétion de peptides antimicrobiens à partir de cellules de l’épithélium intestinal. Notamment, la production du peptide antimicrobien LL-37 à partir de cellules Caco-2 (lignée cellulaire d’adénocarcinome colorectal épithélial humain) a été améliorée par le zinc, montrant des effets bénéfiques contre les maladies infectieuses, en particulier la diarrhée8. Le peptide antimicrobien LL-37 exerce une puissante activité antimicrobienne contre une variété de bactéries, y compris Pseudomonas aeruginosa, des espèces staphylococciques et Escherichia coli ainsi que contre les virus (HSV-1) et les champignons, tels que Candida albicans.
Des études ont démontré que la carence en zinc, dans le contexte d’une infection sévère, provoque une augmentation systémique de l’inflammation avec une activation de NF-κB. Des études in vitro ont montré que le zinc diminue l’activation de NF-κB et ses gènes cibles, tels que le TNF-α et l’IL-1β, et augmente l’expression génique de A20 et PPAR-α, deux protéines en doigt de zinc avec des propriétés anti-inflammatoires4. L’inflammation chronique et la dégradation de l’élastine sont les principaux processus de développement de l’anévrisme de l’aorte abdominale. Des études récentes montrent que le zinc a un effet anti-inflammatoire et que la supplémentation en zinc empêche la formation d’un anévrisme de l’aorte abdominale chez les rats par inhibition de la voie NF-κB via A209.
La réponse immunitaire contre le SARS-CoV-2
Comme déjà montré pour le SRAS et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), la réponse immunitaire de l’hôte joue un rôle central dans la pathologie associée à l’infection par le SRAS-CoV-2, car les décès survenant chez les patients COVID-19 sont souvent précédés par la tempête cytokinique, une libération systémique massive de cytokines pro-inflammatoires telles que les interleukines IL-1b, l’IL-6 et le facteur de nécrose tumorale α (TNF-α). Ces événements contribuent en fin de compte au syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) et entraînent une hyperperméabilité vasculaire, une coagulopathie diffuse, une défaillance multi-organes et éventuellement la mort. Ces cytokines sont principalement sécrétées par des cellules immunitaires innées telles que les monocytes, les macrophages et les cellules dendritiques (DC), qui sont censées agir principalement dans les premières phases des infections. Cependant, la tempête de cytokines se produit aux stades avancés de l’infection dans le SRAS-CoV-2, lorsque la réponse immunitaire adaptative se développe.
Zoom sur la réponse immunitaire dans la Covid-19
Une série d’actions coordonnées en temps est nécessaire pour une réponse immunitaire efficace contre les infections virales. Premièrement, les cellules immunitaires innées et les tissus infectés initient des réactions primitives et non spécifiques dans une tentative de restreindre la réplication virale en produisant des interférons de type I (IFN), IFN-α et IFN-β, et pour attirer les cellules sanguines vers le site de l’infection en produisant des chimiokines et le TNF-α, qui active les cellules endothéliales améliorant l’adhésion vasculaire et la diapédèse des leucocytes, et en sécrétant d’autres cytokines pro-inflammatoires pour activer les leucocytes. Ce qui est intéressant de noter dans la Covid-19 est que la production endogène d’IFN-α et d’IFN-β lors de l’infection est inhibée par des protéines codées par le virus SARS-CoV, tandis que les chimiokines et les cytokines inflammatoires sont fortement produites contribuant à une réponse déséquilibrée10 (voir l’article dans la revue Cell).
Au cours de cette première phase de la réponse immunitaire, les cellules dendritiques migrent vers les ganglions lymphatiques et initient une cascade intercellulaire complexe et plus lente, aboutissant finalement à l’expansion et à la maturation des lymphocytes T et B adaptatifs, spécifiques du virus. La séroconversion – c’est-à-dire l’apparition dans le sang d’anticorps dirigés contre des protéines virales immunogènes – et probablement l’expansion clonale de cellules T spécifiques du virus, survient chez la plupart des patients COVID-19, 10 jours après l’apparition des symptômes et une maladie grave et une tempête de cytokines sont associée en temps et en ampleur à la réponse en immunoglobuline dans l’infection par le SRAS-CoV-211.
Le rôle du zinc dans la Covid-19
Les résultats d’une étude publiée en novembre 2020 montrent clairement qu’un nombre significatif de patients atteints de COVID-19 présentaient une carence en zinc. Ces patients carencés en zinc ont développé plus de complications, et la carence était associée à un séjour hospitalier prolongé et à une mortalité accrue. Cette étude a montré une association entre le niveau de zinc de base et l’évolution de la maladie COVID-19, de sorte que les patients carencés en zinc rencontrent plus de complications et de mortalité.
Récemment, Finzi (2020) a rapporté que le traitement de quatre cas de COVID-19 avec une dose élevée de sels de zinc a initié la réduction des symptômes de la maladie dans les 24 h suivant le début de l’absorption des pastilles de sel de zinc à haute dose. Une neutrophilie marquée est observée chez les patients COVID-19 sévères12. La supplémentation en gluconate de Zn est capable de réduire l’infiltration des neutrophiles dans les voies respiratoires lors de l’allergie et la libération de TNF-α en inhibant la transcription NF-kB-dépendante des gènes inflammatoires13. En tant que traitement adjuvant, le Zn (à la dose appropriée) peut fournir une protection en diminuant l’inflammation pulmonaire, en augmentant la clairance mucociliaire, en inhibant les lésions pulmonaires induites par le ventilateur et en ayant une action immunomodulatrice chez les patients COVID-1914.
Une concentration plasmatique de Zn plus faible, dans le vieillissement a été associé à une expression plus élevée des gènes IL-6 et ICAM-1 dans les splénocytes15. Ainsi, la supplémentation en Zn peut être instrumentale pour réduire les cytokines inflammatoires, en particulier IL-6 et IL-1β, et en même temps pour améliorer la réponse IFN de type I protectrice, qui est inhibée, dans l’infection par le SRAS-CoV-2.
Figure : Les mécanismes de protection proposés du zinc dans la COVID-19 selon Anatoly V. Skalny et al.
- Le zinc améliore considérablement la morphologie des cils et augmente la fréquence des battements ciliaires, améliorant ainsi la clairance mucociliaire et l’élimination des bactéries et des particules virales. En régulant à la hausse les protéines à jonctions serrées ZO-1 et claudine-1 et en augmentant l’activité antioxydante des épithéliums respiratoires, le zinc augmente également la fonction de barrière de ces derniers. Il a été démontré que l’infection à coronavirus altérait la clairance mucociliaire, prédisposant le poumon à une nouvelle agression virale et bactérienne.
- Le zinc peut également posséder une activité antivirale via l’inhibition de l’ARN polymérase du SARS-COV2 . Des preuves indirectes indiquent également que le Zn peut diminuer l’activité de l’ACE2, le récepteur qui permet l’entrée du SRAS-CoV-2 dans les cellules.
- La modulation de l’immunité antivirale par le zinc peut également limiter l’infection par le SRAS-CoV-2 au moins en régulant à la hausse la production d’IFNα et en augmentant son activité antivirale . Cette dernière peut être médiée par la signalisation JAK1 / STAT1 induite par IFNα et la régulation à la hausse des protéines antivirales (RNaseL et PKR) connues pour dégrader l’ARN viral et inhiber sa traduction.
- Une réponse inflammatoire excessive entraînant une surproduction de cytokines proiflammatoires et une tempête de cytokines est connue pour jouer un rôle important dans la pathogenèse du COVID-19. Le zinc possède une activité anti-inflammatoire par l’inhibition de l’activité IKK et la signalisation NF-κB subséquente résultant en une régulation à la baisse de la production de cytokines pro-inflammatoires. La modulation des fonctions régulatrices des lymphocytes T par le zinc peut également limiter la réponse inflammatoire excessive ainsi que la régulation négative de la production de cytokines pro-inflammatoires.
- Étant donné le risque élevé de co-infection bactérienne dans la pneumonie virale, l’inhibition induite par le zinc de la croissance de S. pneumoniae par modulation de l’homéostasie bactérienne du Mn (II)) peut également être bénéfique.
- Le statut en zinc est également associé à des facteurs de risque de mortalité élevée au COVID-19. Plus précisément, le vieillissement, le déficit immunitaire, ainsi que les maladies métaboliques telles que l’obésité, le diabète et l’athérosclérose, sont connus pour être à la fois des facteurs de risque de mortalité dans la Covid-19 et de carence en zinc.
ACE2, enzyme 2 de conversion de l’angiotensine; IFN, interféron; IKK, IκB kinase; NF-κB, facteur nucléaire-κB; ARDS, syndrome de détresse respiratoire aiguë.
En résumé le zinc est un élément indispensable à un bon fonctionnement du système immunitaire. Il peut à la fois favoriser une bonne immunité anti-infectieuse et limiter une réaction inflammatoire trop excessive qui pourrait entrainer des complications graves.
Homéostasie du zinc
Les apports alimentaires recommandés pour le zinc sont de onze milligrammes par jour pour les hommes et huit milligrammes par jour pour les femmes. Cependant, les exigences individuelles peuvent varier considérablement en fonction de nombreux facteurs influençant l’absorption et l’excrétion du zinc, tels que l’âge, le stress, la présence d’une maladie ou le régime alimentaire. Le tractus gastro-intestinal et les reins sont les principaux sites de régulation de son équilibre. Le zinc est absorbé principalement dans le duodénum, l’iléon et le jéjunum. Après avoir pénétré dans le duodénum, le zinc passe dans la circulation sanguine où environ 84% de zinc est lié à l’albumine, 15% aux α2-globulines et 1% aux acides aminés. Dans les organismes multicellulaires, pratiquement, tout le zinc est intracellulaire au niveau du cytoplasme (50%) et du noyau (30-40%). Seul un petit pool de zinc est retrouvé dans le plasma. Les mécanismes homéostatiques humains maintiennent le zinc plasmatique dans la gamme de référence comprise entre 10 et 18 μmol par litre de sang.
La mesure du zinc plasmatique et un mauvais indicateur de sa carence car le zinc plasmatique ne représente que 0,1% du zinc corporel total. De plus, son taux varie très peu lors d’une déficience. De même, sa variation biologique est élevée et seule une variation supérieure à 30% est susceptible d’être significative. Enfin, l’hypozincémie peut être causée par des facteurs indépendants de l’état du zinc, tels que la réponse inflammatoire aiguë ou l’hypoalbuminémie16. Les processus inflammatoires sont associés à des changements remarquables dans l’homéostasie du zinc. L’inflammation aiguë diminue rapidement la concentration sérique de zinc en raison de la redistribution du zinc du plasma dans les organes, principalement le foie. Une telle diminution en zinc du plasma pourrait être une réponse adaptative destinée à priver les agents pathogènes de zinc. D’autre part, l’augmentation du zinc intracellulaire joue un rôle dans le métabolisme énergétique, assure une neutralisation efficace des espèces réactives d’azote et d’oxygène et garantit une bonne synthèse des protéines et plus particulièrement la synthèse des protéines de phase aiguë dans le foie. Enfin, la maintenance de l’homéostasie du zinc est supportée par des protéines intracellulaires liant le zinc. En effet, jusqu’à 20% de zinc intracellulaire est complexé par des métallothionéines (MT). Ces protéines riches en cystéine omniprésentes lient jusqu’à sept ions zinc, agissant comme un tampon de zinc cellulaire. Elles jouent un rôle important dans l’absorption, la distribution, le stockage et la libération des métaux. Le maintien des concentrations physiologiques du zinc et son contrôle étroit par les métallothionéines dans chaque cellule du corps est nécessaire pour éviter le stress oxydatif, car non seulement la déficience en zinc mais aussi la surcharge en zinc sont des conditions pro-oxydantes17.
Les facteurs de carence en zinc
Les facteurs de carence en Zn sont nombreux, qu’ils soient géographiques, socio-économiques, nutritionnels ou lors de malabsorption ou d’infections virales chroniques. En particulier, pendant l’infection, les niveaux de Zn diminuent considérablement et les besoins d’une personne en Zn peuvent augmenter avec la gravité de l’infection. Les personnes âgées, les nourrissons et les alcooliques chroniques sont particulièrement plus sensibles à la carence en Zn, ce qui augmente leurs chances de contracter des infections virales potentiellement mortelles. Le Zn étant indispensable à une forte réponse immunitaire, une carence en Zn (hypozincémie persistante [sérum Zn <70 μg / dL]) peut considérablement atténuer l’immunité antivirale innée et adaptative.
Quelle dose de zinc pour la supplémentation ?
L’apport alimentaire recommandé (AJR) pour le Zn est de 11 mg / jour pour les hommes et de 8 mg / jour pour les femmes. L’absorption de Zn est influencée par certains aliments ; par exemple, les protéines animales entraînent une plus grande absorption de Zn, tandis que les phytates réduisent son absorption.
La carence en Zn est beaucoup plus répandue dans la population que la toxicité en Zn (la toxicité en Zn est très sporadique et se produit très rarement). Comparé à plusieurs autres ions métalliques ayant des propriétés chimiques similaires, le Zn est relativement inoffensif. Cela dit, il faut être prudent contre l’automédication aveugle et l’utilisation chronique de suppléments de Zn sans prescription / surveillance médicale appropriée, car la toxicité du Zn a également été rapportée dans la littérature. L’intoxication aiguë au Zn est un événement rare bien que l’exposition à des doses élevées entraîne des effets toxiques. Cependant, il est bien établi qu’une carence en cuivre est associée à la prise de fortes doses de Zn supplémentaire sur de longues périodes. De plus, l’utilisation chronique de Zn comme supplément ou comme médicament peut bloquer l’absorption intestinale du cuivre.

L’apport cellulaire en Zn peut être amélioré par des ionophores dont la chloroquine et certains de ses dérivés comme l’hydroxychloroquine18. Alternativement, les ionophores naturels avec un bon profil de tolérabilité sont la quercétine, que l’on trouve dans les oignons et les câpres ainsi que le gallate d’épigallocatéchine19 présent dans le thé vert, le thé blanc et la caroube.
En conclusion
Le zinc est indispensable au bon fonctionnement du programme contenu dans les gènes et donc à la multiplication et à la croissance cellulaire. Il est nécessaire à la synthèse des protéines, ainsi qu’au métabolisme de certains acides aminés. L’activité de plus de trois cents enzymes dépend du zinc, dont la delta-6-désaturase, une enzyme clé du métabolisme des acides gras essentiels. C’est un minéral difficile à absorber, son déficit est donc particulièrement fréquent. Or un déficit même modéré en zinc peut affecter les tissus qui se renouvellent comme le système immunitaire et la muqueuse digestive. Il peut aussi entraîner une réduction des capacités de cicatrisation, une baisse de la testostérone et de la spermatogenèse et une vulnérabilisation aux métaux lourds, par exemple au cadmium présent dans le tabac. Une des propriétés les plus importantes du zinc est la protection des acides aminés soufrés et des protéines qui les contiennent contre les radicaux libres. Plusieurs études ont démontré les effets bénéfiques de la supplémentation en zinc sur les maladies infectieuses chez l’homme. La supplémentation quotidienne en zinc a permis de prévenir et traiter la diarrhée, diminuer la durée du rhume et le risque d’infections respiratoires.
En résumé le zinc est un élément indispensable à un bon fonctionnement du système immunitaire. Il peut à la fois favoriser une bonne immunité anti-infectieuse et limiter une réaction inflammatoire trop excessive5,20.
Il me parait donc important pendant cette pandémie Covid-19 de tester son statut en zinc et de se supplémenter si nécessaire. Parlez-en à votre thérapeute ou votre médecin.
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Maladie de Parkinson : Et si tout commençait dans l’intestin ?
Introduction
Lorsque l’on évoque la maladie de Parkinson, les premières images qui viennent à l’esprit sont souvent celles de tremblements, d’une démarche ralentie ou d’une rigidité musculaire. Sur le plan médical classique, la cause est bien connue : la perte progressive des neurones qui fabriquent la dopamine, ce précieux neurotransmetteur de la motricité.
Pourtant, un changement de paradigme majeur est en train de secouer les neurosciences. Les recherches scientifiques les plus récentes nous révèlent que Parkinson n’est pas uniquement une maladie cérébrale ou une fatalité liée au vieillissement des neurones. Brain-first vs. body-first Parkinson’s disease: An update on recent evidence
Il s’agit, en réalité, d’une pathologie profondément connectée à notre système immunitaire et à notre écosystème intestinal. Parkinson’s Disease: A Multisystem Disorder
Des altérations immunitaires et inflammatoires peuvent en effet être mesurées dans l’organisme des dizaines d’années avant l’apparition des premiers troubles moteurs. Pour ralentir ou prévenir la progression de la maladie, il ne suffit plus de chercher à remplacer la dopamine manquante : il faut impérativement comprendre l’axe neuro-immunitaire et apprendre à calmer le feu de l’inflammation.
- La Microglie : quand les sentinelles du cerveau basculent dans l’inflammation chronique
Pour comprendre l’origine de cette neuro-inflammation, il faut plonger au cœur de notre cerveau et faire la connaissance de ses gardiennes : les cellules microgliales, ou microglie. Ces cellules représentent le système immunitaire inné propre au système nerveux central. En temps normal, elles sont de formidables sentinelles, chargées de nettoyer les débris cellulaires, de protéger les neurones contre les agressions et de maintenir un environnement sain.
Dans la maladie de Parkinson, un perturbateur vient casser ce fragile équilibre : une protéine appelée alpha-synucléine. Pour des raisons encore mal connues, cette protéine se replie de manière anormale et s’agglomère, formant des agrégats toxiques pour les neurones.
Face à ces agrégats, la microglie donne l’alerte et passe en mode « attaque ». Elle tente désespérément de nettoyer ces protéines anormales. Cependant, lorsque cette agression persiste et que les capacités de nettoyage du cerveau sont débordées, la microglie reste activée en permanence. Les sentinelles protectrices se transforment alors en sources de danger : elles se mettent à sécréter en continu des cytokines pro-inflammatoires (comme le TNF-alpha ou l’IL-1 bêta) et des radicaux libres.
C’est ce phénomène de neuro-inflammation chronique de bas grade (étroitement lié à l’inflammaging, le vieillissement inflammatoire) qui finit par asphyxier et détruire les neurones dopaminergiques de la substance noire. Rompre ce cercle vicieux en modulant la réponse de la microglie est aujourd’hui l’un des piliers incontournables de la recherche et de l’accompagnement intégratif. Neuroinflammation in Alzheimer’s and Parkinson’s diseases: pathogenic mechanisms and therapeutic strategies
- L’axe Intestin-Cerveau : la maladie de Parkinson prend-elle racine dans l’intestin ?
Et si le véritable point de départ de la maladie de Parkinson ne se situait pas du tout dans la tête, mais bien dans le ventre ? Cette hypothèse, formulée il y a plusieurs années par le neuroanatomiste Heiko Braak, est aujourd’hui confirmée par les découvertes scientifiques les plus récentes. Chez une grande majorité de patients, des troubles digestifs sévères – comme une constipation opiniâtre – précèdent de dix à quinze ans les tout premiers tremblements. Staging of brain pathology related to sporadic Parkinson’s disease
Pour comprendre ce lien, il faut s’intéresser à la rupture d’homéostasie de notre écosystème intestinal. Sous l’effet du stress chronique, d’une alimentation inadaptée ou d’expositions environnementales, le microbiote se modifie profondément (dysbiose). Cette altération fragilise la muqueuse intestinale jusqu’à provoquer un phénomène d’intestin poreux (ou leaky gut).
Lorsque la barrière intestinale perd son étanchéité, elle laisse passer des fragments bactériens pro-inflammatoires, comme les lipopolysaccharides (LPS), ainsi que des toxines dans la circulation générale. Le système immunitaire périphérique se retrouve alors en état d’alerte permanente, déclenchant une inflammation systémique de bas grade. C’est précisément dans cet environnement intestinal perturbé que l’alpha-synucléine commence à se replier anormalement au niveau du système nerveux entérique (le « cerveau d’en bas »). Telle une onde de choc, cette protéine toxique va ensuite migrer pour remonter pas à pas jusqu’au cerveau, où elle finira par activer la microglie.
De plus, cette inflammation sanguine chronique finit par fragiliser la barrière hémato-encéphalique — le filtre protecteur de notre cerveau — permettant aux signaux inflammatoires du corps de venir alimenter directement le feu de la neuro-inflammation. Adopter une alimentation anti-inflamamtoire, restaurer l’intégrité de la barrière intestinale et chouchouter son microbiote ne sont donc pas des options secondaires : ce sont les premières lignes de défense pour protéger vos neurones.
Le réflexe immunonutrition : Adopter une alimentation ciblée est le premier levier pour refermer les jonctions serrées de l’intestin et éteindre l’inflammation. Pour découvrir les clés concrètes de cette démarche, vous pouvez consulter notre guide numérique dédié : Prenez votre santé en main en adoptant une alimentation anti-inflammatoire.
L’impact caché des toxines microbiennes et environnementales : le cas du LPS et de la BMAA
Au-delà des facteurs génétiques et du mode de vie, la recherche s’oriente aujourd’hui vers le rôle pivot des toxines environnementales et microbiennes dans le déclenchement des pathologies neurodégénératives. Parmi elles, le lipopolysaccharide (LPS), une endotoxine issue de la membrane des bactéries à Gram négatif de notre propre intestin, est largement pointé du doigt. En cas d’intestin poreux, le LPS s’infiltre dans l’organisme et favorise directement le dysfonctionnement mitochondrial ainsi que la neuro-inflammation, deux processus clés de la maladie de Parkinson.
Un autre exemple particulièrement alarmant est la BMAA (β-méthylamino-L-alanine), une neurotoxine produite par certaines cyanobactéries et micro-organismes omniprésents dans l’eau. Microbial BMAA and the Pathway for Parkinson’s Disease Neurodegeneration
Le scénario destructeur de la BMAA : de l’iléon à la substance noire
Les données expérimentales les plus récentes mettent en lumière un mécanisme d’action à double détente, confirmant le point de départ intestinal de la pathologie :
- Le sabotage de l’immunité intestinale : Chez des modèles animaux, l’exposition à la BMAA entraîne la perte d’une bactérie protectrice cruciale logée dans la muqueuse de l’iléon (la fin de l’intestin grêle). Cette bactérie est normalement la garante de la réponse immunitaire homéostatique (l’équilibre immunitaire). Sa disparition provoque une altération immédiate de la barrière intestinale (leaky gut) et déclenche une inflammation systémique de bas grade. Ce feu inflammatoire voyage par le sang et vient fragiliser la barrière hémato-encéphalique (BHE) précisément au niveau de la substance noire, la zone cérébrale de la dopamine.
- Une propagation le long du nerf vague
Ce processus toxique suit une chronologie bien précise. L’exposition chronique de l’intestin à la BMAA induit d’abord un état pro-inflammatoire et un dysfonctionnement mitochondrial entérique. Chez les sujets vulnérables, cela déclenche une première vague de neurodégénérescence au niveau du système nerveux entérique (SNE), le système nerveux de l’intestin.
Fait fascinant et redoutable, la BMAA déclenche alors une agrégation de l’alpha-synucléine qui remonte depuis l’intestin jusqu’à la substance noire du cerveau, en empruntant comme autoroute le noyau moteur dorsal du nerf vague. De plus, cette toxine est capable de sauter de neurone en neurone, montrant une affinité particulière pour les motoneurones.
- Le chaos cellulaire et l’activation microgliale : En parallèle, la BMAA pénètre les cellules où elle induit un dysfonctionnement et une fragmentation des mitochondries (les centrales énergétiques de nos cellules). Ce stress mitochondrial majeur déclenche l’activation de l’immunité innée directement au sein des neurones, ce qui embrase la microglie et mène à la neurodégénérescence.
Un enjeu de santé publique invisible
Ces découvertes scientifiques renforcent l’urgence d’une prise de conscience environnementale. Bien que la BMAA soit omniprésente dans l’eau, elle ne figure absolument pas dans les protocoles de routine d’évaluation de la qualité de l’eau potable municipale. Pourtant, cette neurotoxine s’accumule le long de la chaîne alimentaire, notamment dans les poissons, les crustacés et les mollusques que nous consommons. Face à ces preuves croissantes, la détection de la BMAA dans les eaux douces et marines devient un enjeu crucial pour protéger notre santé intestinale et, par extension, notre cerveau. Parkinson’s Disease: A Multisystem Disorder

- Cibler l’inflammation intestinale et neurologique comme stratégie thérapeutique
La science est désormais formelle : pour stopper la progression de la maladie de Parkinson, il faut éteindre l’incendie neuro-inflammatoire. Les essais cliniques majeurs sur de nouvelles molécules thérapeutiques (comme le bezisterim, un analogue synthétique de l’androstenetriol) démontrent qu’en ciblant spécifiquement la baisse de l’inflammation cérébrale et systémique, on obtient une amélioration significative des symptômes moteurs et non moteurs. L’avenir de la neurologie passe indiscutablement par l’immunomodulation.
Selon les piliers de la méthode ISIS (Solutions en immunomodulation intégrative et systémique), nous disposons de leviers d’action puissants et naturels pour restaurer ce terrain neuro-immunitaire :
- L’alimentation immunonutritionnelle et anti-inflammatoire : Elle vise à réduire de façon personnalisée l’apport d’aliments inflammatoires : lectines, composés glyqués et sucres raffinés, tout en saturant l’organisme de polyphénols hautement protecteurs et d’acides gras essentiels (oméga-3 EPA/DHA). Ces nutriments ciblés aident à stabiliser la membrane des neurones et à calmer l’hyperactivation de la microglie.
- La réparation de la barrière intestinale : L’utilisation de prébiotiques spécifiques, de molécules cicatrisantes (comme la glutamine ou certains extraits de plantes) et d’une alimentation anti-inflammatoire personnalisée permet de refermer les mailles du leaky gut. En stoppant le passage des endotoxines bactériennes dans le sang, on coupe la source principale de l’inflammation périphérique qui fragilise le cerveau.
- La stimulation du système polyvagal (le nerf vague) : Les recherches récentes confirment que le stress chronique et les traumatismes majeurs accélèrent le vieillissement immunitaire (inflammaging) et altèrent la plasticité cérébrale. Le nerf vague est la principale autoroute anti-inflammatoire de notre corps. En activant la voie réflexe cholinergique par des techniques de respiration, de stimulation et de biofeedback, on envoie un signal direct au système immunitaire et à la microglie pour qu’ils cessent la production de cytokines destructrices.
Le réflexe Nerf Vague : Réguler votre système nerveux autonome est une clé indispensable pour freiner les processus dégénératifs liés à l’inflammation. Pour apprendre à stimuler efficacement cette voie protectrice au quotidien, découvrez notre e-book : Prenez soin de vous en réveillant votre nerf vague.
Conclusion
La maladie de Parkinson ne doit plus être perçue comme une simple fatalité neurologique isolée du reste du corps. Elle est le reflet d’un déséquilibre systémique où l’intestin, le système immunitaire et le cerveau dialoguent de manière inadaptée. Les découvertes scientifiques de 2026 nous ouvrent une formidable lueur d’espoir : en agissant de manière précoce et globale sur l’inflammation de bas grade, nous avons le pouvoir de protéger notre capital neuronal.
Chaque terrain est unique. Si vous souhaitez mettre en place une stratégie individualisée, pour soutenir votre santé neuro-immunitaire, vous pouvez prendre RDV pour un Suivi personnalisé.
Note médicale
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et général et ne remplacent en aucun cas un avis médical, un diagnostic ou un traitement professionnel. La maladie de Parkinson nécessite une prise en charge neurologique stricte. N’interrompez jamais vos traitements médicaux sans l’accord de votre médecin traitant.
Si vous voulez en savoir plus sur les méthodes naturelles pour renforcer votre immunité et votre terrain immunitaire, je vous invite à lire
Sources
A propos de l’auteur
Karine Bernard, phD
Naturopathe, formatrice, conférencière et docteur en sciences (spécialité immunologie), je suis la fondatrice de la méthode ISIS “Solutions en immunomodulation intégrative et systémique”. Je suis également à l’origine du site immunonaturo.com, un blog dédié à la santé et au bien-être qui fait la part belle à votre système immunitaire.
